La République Démocratique du Congo a fait entendre une voix forte et visionnaire au Sommet mondial de l’Internet, tenu au Wuzhen Conference Hall en Chine. La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, y a délivré un message d’une portée stratégique autour du thème : « L’éducation numérique, fondation de la souveraineté et de la communauté de destin. »
Une décennie d’interconnexion et de vision mondiale
Le sommet 2025 marque le dixième anniversaire de l’initiative de « communauté de destin dans le cyberespace », symbole d’une décennie d’efforts pour bâtir un monde numérique plus interconnecté.
Pour la ministre congolaise, cette communauté de destin « n’est pas une simple formule diplomatique, mais un impératif de développement ».
« Le cyberespace est la nouvelle frontière de l’humanité. L’Afrique, avec sa jeunesse et son potentiel, entend y prendre sa part », a affirmé Mme Malu, invitant les nations africaines à se positionner en acteurs majeurs du numérique mondial.
L’éducation au cœur de la souveraineté numérique
Dans son allocution, Raïssa Malu a insisté sur la place centrale de l’éducation dans la construction de la souveraineté numérique.
« Le numérique est l’autoroute, mais l’éducation est le permis de conduire », a-t-elle illustré avec justesse, soulignant que l’école représente la première ligne de défense contre la fracture numérique.
Pour la ministre, l’objectif n’est pas seulement de former des utilisateurs, mais des créateurs, des innovateurs et des gouvernants du numérique.
« L’école est le creuset où nous préparons la nouvelle génération à faire bien plus que consommer la technologie : nous la formons à créer, innover et gouverner son propre numérique », a-t-elle déclaré.

Cybersécurité et éthique : piliers d’un avenir inclusif
Abordant la question de la cybersécurité, la ministre d’État a rappelé son importance dans la construction d’un cyberespace sûr et équitable.
Elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement congolais dans le Plan national du numérique (PNN), qui ambitionne de faire de la RDC un hub technologique régional à l’horizon 2030.
« L’avenir numérique ne sera pleinement inclusif et équitable que s’il est d’abord sécurisé et éthique », a-t-elle précisé, ajoutant que la cybersécurité constitue le fondement de la nouvelle feuille de route 2026-2030.
La nouvelle citoyenneté numérique, un enjeu d’inclusion
Raïssa Malu a également mis en lumière le concept de **Nouvelle Citoyenneté numérique**, fondé sur des principes d’inclusion linguistique, de parité et d’équité dans la co-création des valeurs numériques.
Selon elle, bâtir un cyberespace inclusif exige une gouvernance partagée, sensible aux diversités culturelles et sociales.
La RDC, porte-voix du continent africain
En conclusion, la ministre d’État a rappelé que la RDC est prête à assumer son rôle de géant africain, porteur non seulement de sa vision nationale, mais aussi des aspirations légitimes du continent.
« Si nous voulons réellement construire une communauté de destin dans le cyberespace, nous devons investir dans ses fondations les plus solides : l’humain et les principes », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de l’auditoire.
Par son discours, Raïssa Malu a réaffirmé la volonté de la RDC de devenir un acteur incontournable du numérique mondial, en plaçant l’éducation, la sécurité et l’inclusion au cœur de sa stratégie.
TIGHANA MASIALA

