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Traque des Congolais au quartier « Matonge » de Bruxelles : plusieurs commerces mis sous scellés

Une vaste opération de contrôle menée, samedi dernier, par les autorités belges dans le quartier « Matonge », au cœur de la commune d’Ixelles à Bruxelles, a conduit à la mise sous scellés de plusieurs commerces, dont certains appartenant à des ressortissants de la République Démocratique du Congo. L’information, révélée lundi soir par la RTBF et relayée par l’Agence congolaise de presse (ACP), a suscité de nombreuses réactions dans la diaspora congolaise installée en Belgique.

Selon le parquet de l’Auditorat du travail de Bruxelles, environ 200 agents issus de différents services de police et d’inspection ont été déployés dans ce quartier emblématique de la culture africaine.

Au total, 48 commerces ont été contrôlés, dont plusieurs ont été immédiatement placés sous scellés, a indiqué la même source.

Cette intervention coordonnée visait notamment à vérifier le respect de la législation sociale et des normes de travail au sein des établissements concernés.

Infractions relevées et travailleurs identifiés

Toujours selon l’Auditorat du travail, plusieurs infractions en lien avec le droit social ont été constatées. Les autorités belges ont également procédé à l’identification de 67 travailleurs présents sur les lieux lors de l’opération.

Si la nature précise des infractions n’a pas été détaillée publiquement, les autorités belges ont évoqué des manquements courants dans des contrôles de ce type : emploi non déclaré, non-respect des conditions de travail, ou irrégularités administratives.

La nouvelle a provoqué un vif émoi dans la communauté congolaise de Bruxelles, qui perçoit cette opération comme une « traque » ciblée contre les commerçants d’origine africaine, en particulier ceux venus de RDC.

« Matonge », connu pour son activité commerciale dynamique, ses restaurants, salons de coiffure, épiceries et lieux culturels, reste un symbole fort de la présence congolaise en Belgique.

Pour certains habitants et commerçants, l’ampleur du dispositif policier déployé samedi laisse place à des interrogations sur les motivations réelles de l’opération.

Les autorités belges justifient une action « légale et nécessaire »

De leur côté, les services belges concernés défendent une action « routinière», inscrite dans le cadre des contrôles réguliers destinés à lutter contre le travail illégal et à garantir le respect des normes sociales.

Aucune indication officielle n’a été donnée sur un ciblage spécifique d’une nationalité ou d’une communauté particulière.

Si l’opération s’inscrit dans la lutte contre les infractions sociales, son impact sur les relations entre autorités belges et diaspora africaine pose question. Pour de nombreux Congolais de Bruxelles, cette intervention soulève un malaise sur fond de perception de stigmatisation.

Dans les prochains jours, il est attendu que la commune d’Ixelles, la police locale et les associations représentant la communauté congolaise s’expriment davantage, afin d’apaiser les tensions et clarifier les mesures prises.

Tighana M.