Amba1

Trump s’engage personnellement pour la paix en RDC : pression maximale sur Kigali après la violation de l’accord de Washington

Au lendemain des Accords signés le 4 décembre 2025 à Washington, le dossier de la République démocratique du Congo s’impose désormais à l’agenda stratégique de la Maison Blanche. La réception de l’ambassadrice Yvette Ngandu par le président Donald Trump dans le Bureau ovale illustre l’implication personnelle du chef de l’État américain, déterminé à peser de tout son poids pour la paix dans l’Est de la RDC, le respect des engagements pris par Kigali et la préservation de la souveraineté congolaise.

Dans un signal diplomatique fort, le président Donald J. Trump a reçu, lundi après-midi, l’ambassadrice de la République démocratique du Congo (RDC) aux États-Unis, Mme Yvette Ngandu, pour un entretien au plus haut niveau consacré à la crise sécuritaire dans l’est du pays. Cette rencontre, tenue à la Maison Blanche moins de deux semaines après la signature solennelle d’un accord à Washington, confirme que le dossier congolais est désormais suivi personnellement par le chef de l’État américain.

L’entrevue intervient dans un contexte de tensions renouvelées. Le 4 décembre dernier, sous l’égide des États-Unis, la RDC et le Rwanda avaient signé dans la capitale fédérale un accord censé apaiser les hostilités et permettre un retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Des sources diplomatiques indiquent que des violations substantielles de cet engagement par Kigali ont été portées à la connaissance de l’administration Trump, déclenchant une réaction immédiate.

À sa sortie du Bureau ovale, l’ambassadrice Ngandu a livré une déclaration lourde de sens, résumant les échanges. Elle a d’abord remercié le président Trump « d’avoir pris le temps [de lui] exposer la détermination des États-Unis à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC », saluant au passage « le leadership du président Tshisekedi et son engagement en faveur de la paix et de la coopération bilatérale ».

Le cœur du message, cependant, concernait le Rwanda. « Merci également, Monsieur le Président, pour cet échange concernant la violation continue par le Rwanda de l’accord qu’il a signé à la Maison Blanche le 4 décembre », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Votre engagement en faveur de la paix en Afrique est sans égal. La RDC apprécie tout ce que vous faites pour que le Rwanda respecte l’accord qu’il a signé à Washington. »

Les conditions congolaises pour une paix durable

La diplomate congolaise n’a pas mâché ses mots pour poser les conditions non-négociables de Kinshasa, qu’elle a présentées comme ayant reçu une écoute attentive de la part du président Trump. « Vous êtes le premier à savoir que pour que la paix soit durable, le Rwanda doit retirer toutes ses troupes de l’est de la RDC, respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC et cesser de soutenir les groupes rebelles sanctionnés par l’ONU. »

Ces propos directs, rendus publics immédiatement après l’audience, marquent une étape significative. Ils indiquent que la RDC utilise son accès direct à la Maison Blanche pour maintenir la pression internationale sur son voisin rwandais, en s’appuyant sur le capital politique personnel investi par Donald Trump dans cet accord.

Marco Rubio reçoit l’ambassadrice de la RDC

Washington confirme de plus en plus  son engagement de haut niveau sur le dossier de la RDC. Ce vendredi 19 décembre, l’ambassadrice de la RDC aux États-Unis a été reçue au Département d’État par le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui exerce également les fonctions de National Security Adviser. Une rencontre stratégique, centrée sur la mise en œuvre des Accords de Washington et la question sensible du retrait des troupes rwandaises de l’Est congolais.

Selon des sources diplomatiques, l’entretien s’est déroulé dans un climat franc et direct, traduisant la volonté de l’administration Trump de suivre de près l’évolution de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs. Les Accords de Washington, signés récemment dans la capitale fédérale américaine, ont constitué l’ossature des échanges, avec un accent particulier sur les engagements pris par Kigali.

Au cœur des discussions : l’exigence du respect strict de l’accord, notamment le retrait effectif des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation de tout soutien aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. Un point que Kinshasa considère comme non négociable pour l’instauration d’une paix durable et le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.

Amba2

Une implication américaine au « plus haut niveau »

Des analystes du Département d’État voient dans cette séquence rapide – signature le 4 décembre, violation alléguée, entrevue à haut niveau le 16 décembre – la preuve que Washington considère désormais la stabilité de la région des Grands Lacs comme un dossier prioritaire et lié à sa crédibilité diplomatique. « Le président Trump a mis son poids dans la balance. Recevoir l’ambassadrice si rapidement après des rapports de violation, c’est un message clair adressé à toutes les parties : l’Amérique surveille et attend l’exécution des engagements pris sous son toit », commente un ancien négociateur sous couvert d’anonymat.

L’administration Trump n’a pas encore fait de déclaration officielle détaillée sur le contenu de l’entretien, se contentant de confirmer la tenue de la rencontre et son « caractère constructif ». Cependant, la publication intégrale et sans fard de la déclaration de l’ambassadrice Ngandu par l’ambassade de RDC suggère une parfaite coordination avec les hôtes de la Maison Blanche.

Les prochains jours seront décisifs. Tous les regards sont tournés vers Kigali pour voir comment le Rwanda réagira à cette double mise en garde, venue de Kinshasa et, visiblement, relayée avec force depuis le Bureau ovale. La paix dans l’est congolais, épineux conflit qui dure depuis près de trois décennies, pourrait bien connaître un tournant historique, porté par l’implication directe et personnelle du président américain.

Econews