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Un test de crédibilité

Le retard de la paie des fonctionnaires est, en République Démocratique du Congo, bien plus qu’une simple ligne budgétaire : c’est le pouls de la nation. Quand ce pouls faiblit, les rumeurs s’emballent et les critiques s’engouffrent dans la brèche. Face à la montée de l’incertitude concernant les salaires de janvier 2026, la Première Ministre Judith Suminwa a choisi la méthode forte : la réponse par les faits et la précision chirurgicale du calendrier.

En réunissant en urgence son « état-major financier » — Budget, Finances et Banque Centrale — la Cheffe du Gouvernement n’a pas seulement tenu une réunion de crise; elle a envoyé un signal de reprise de contrôle. Le message est désormais clair et daté: le dossier sera clos sous 72 heures.

L’enjeu de cette sortie médiatique dépasse le simple virement bancaire. Il s’agit, entre autres, de : rassurer la base par le fait que les agents de l’État, piliers de l’administration, retrouvent une visibilité nécessaire à leur quotidien ; réduire les détracteurs au silence, car en fixant un ultimatum de trois jours, le Gouvernement coupe l’herbe sous le pied de ceux qui espéraient transformer un retard technique en crise politique majeure. C’est aussi une manière d’affirmer la stabilité par le maintien du rythme de la paie dans un contexte de préservation des équilibres macroéconomiques est un exercice d’équilibriste que l’exécutif entend réussir.

Dans tous les cas, le Gouvernement est bien conscient de l’urgence. L’heure n’est plus aux promesses vagues, mais au compte à rebours.

Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, en se faisant le porte-parole de cette fermeté, engage la parole d’honneur du Gouvernement.

Tous ont entendu les engagements issus de la réunion du lundi 16 février 2026. Si ce délai est tenu, Judith Suminwa aura prouvé que son équipe sait non seulement encaisser les coups, mais surtout les anticiper par une gestion pragmatique.

Dans un climat social souvent inflammable, la ponctualité reste le meilleur rempart contre la désinformation.

Econews

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