Kin sale

Ville de Kinshasa : ACAJ dénonce l’abandon urbain et demande des actions urgentes contre l’insalubrité et le chaos routier 

L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a transmis au Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa, le 21 novembre 2025, les conclusions de l’enquête citoyenne qu’elle a menée, pendant trois mois dans différentes communes sur les facteurs de l’insalubrité et les embouteillages.

En effet, les résultats sont sans appel et se résument en ce que la capitale étouffe; est minée par une insalubrité chronique et des embouteillages paralysants ; symptômes d’un délaissement institutionnel grave.

L’initiative résulte de l’une de ses missions de l’ACAJ de défendre les droits des citoyens a un environnement sain, une mobilité digne et une gouvernance urbaine responsable.

Un diagnostic accablant sur l’insalubrité urbaine

Les enquêteurs de l’ACAJ ont identifié trois causes majeures expliquant la situation actuelle :

1. Incivisme généralisé et comportements à risque caractérisés par les dépôts sauvages; rejets anarchiques; faiblesse de la culture environnementale; élimination informelle des déchets – la majorité des quartiers sont transformés en dépotoirs a ciel ouvert, avec des conséquences graves sur la sante publique.

2. Infrastructures inexistantes ou en ruine

Poubelles publiques insuffisantes; absence de système de tri; caniveaux bouchés; manque ou faiblesse des centres de traitement de déchets : Kinshasa ne dispose pas de système moderne de gestion des déchets malgré l’explosion démographique.

3. Défaillances institutionnelles flagrantes

Tolérance des marches pirates; impunité des auteurs et complices des infractions environnementales; occupation illégale du domaine public; absence de campagnes de sensibilisation démontrant que l’insalubrité n’est pas un accident, mais le résultat d’une gouvernance environnemen-tale défaillante.

Un chaos routier devenu quotidien

L’enquête révèle une situation intenable :

– Occupation anarchique de l’espace public;

– Marchés, étals, garages, épaves, matériaux de construction et ateliers divers pirates sur la chaussée, avec la complicité des autorités locales;

– Incivisme de certains chauffeurs (stationnement anarchique); méthodologie inadaptée de contrôle des documents de bord par la police; feux de signalisation défaillants; absence de régulation moderne aggravant la circulation;

° Défauts structurels d’aménagement urbain;

– Absence de parkings; routes secondaires dégradées; concentration excessive des activités dans le centre-ville ; manque de voies de contournement pour principalement des camions poids lourds.

Face à la gravité de la situation, l’ACAJ formule des recommandations concrètes suivantes :

1. Pour restaurer la salubrité :

Mettre en place un système intégré de gestion des déchets (augmenter le nombre des poubelles, construire de décharges contrôlées);

‘ Sanctionner les auteurs et complices des infractions environnementales;

‘ Instaurer des programmes permanents d’éducation au civisme urbain.

2. Pour lutter contre les embouteillages :

– Réhabiliter des routes secondaires;

– Créer des parkings publics;

– Faire respecter le code de la route;

Délocalisation encadrée des marchés, étals, garages, épaves, matériaux de construction et ateliers divers pirates;

Modélisation des feux de signalisation.

3. Pour rétablir la gouvernance urbaine :

° Créer un comité mixte urbain de suivi des recommandations composé des représentants de pouvoirs étatiques, du secteur privé et de la société civile (comprenant les urbanistes et environnementalistes);

– Publication des rapports trimestriels;

À la population l’ACAJ lance un appel à la responsabilité.

Kinshasa, le 24 novembre 2025