L’USN renonce à sa marche du 22 juillet : André Mbata pris dans la tourmente d’un report qui sent la déroute

Ils voulaient occuper l’espace public, ils ont finalement choisi la porte de sortie. Le professeur André Mbata Mangu, Secrétaire permanent et porte-parole de l’Union Sacrée de la Nation (USN), a été contraint ce mardi de faire machine arrière. La grande marche prévue le 22 juillet 2026 à Kinshasa, dans les chefs-lieux des 25 provinces et au sein de la diaspora, est officiellement reportée à une date ultérieure.

Un revirement brutal qui place ce cadre de la majorité présidentielle dans une position pour le moins inconfortable, alors que la pression de l’opposition et les critiques de la société civile ne cessent de s’amplifier.

Présentée comme une réponse musclée à la contestation de la C64, cette marche de l’USN devait incarner la détermination du pouvoir à défendre les réformes constitutionnelles face à ses détracteurs. Mais ce déploiement de force projeté a vite viré au casse-tête politique.

Face à la polémique grandissante et aux accusations d’ «acte subversif», André Mbata a dû revoir ses plans. Le report, justifié par un discours évasif sur des «considérations d’ordre pratique», ressemble davantage à une douche froide pour un mouvement qui se voulait fédérateur.

Le sit-in de Bruxelles : un ultime rempart symbolique

Seule lueur de résistance dans cette débâcle annoncée : le sit-in prévu place Lumumba, à Bruxelles. Celui-ci est maintenu. Mais à y regarder de plus près, ce havre de paix belge ressemble plus à une posture médiatique qu’à une véritable stratégie de terrain.

En ce 22 juillet, alors que les rues de Kinshasa resteront silencieuses et que les provinces ne vibreront pas au son des manifestants acquis à la cause de l’Union Sacrée, l’image de l’USN s’en trouve ternie. Le contraste est saisissant avec les semaines précédentes, où le professeur Mbata promettait un «soulèvement populaire massif».

Pour André Mbata, le coup est rude. Porte-parole attitré de la majorité, il doit désormais affronter une double peine : expliquer un repli qui semble inexpliqué, et encaisser les moqueries de l’opposition, qui voit dans ce report un aveu de faiblesse.

Les cadres de l’USN, de leur côté, tentent de sauver les apparences en évoquant un «report stratégique pour mieux préparer la riposte». Mais dans les couloirs du pouvoir, les murmures sont déjà nombreux : ce report est-il le signe d’une dissonance au sein de la coalition présidentielle ?

Alors que les regards se tournent désormais vers le Palais de la Nation, une question demeure : jusqu’où la majorité est-elle prête à aller pour restaurer sa crédibilité ? Le report de cette marche pourrait bien marquer le début d’une série de désillusions pour un pouvoir qui pensait tenir le terrain.

Le 22 juillet devait être une date charnière. Elle restera comme celle d’une occasion manquée pour l’USN. Les partisans du Président Félix Tshisekedi, qui s’attendaient à une démonstration de force, devront patienter.

Benny L.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *