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«Dieudonné Kamuleta, l’homme qui défie la République»

En l’espace de quelques mois, il est devenu le personnage le plus clivant du paysage institutionnel congolais.

Dieudonné Kamuleta Badibanga, président de la Cour constitutionnelle, a transformé sa fonction en poste de commandement, son costume de juge en arme politique, et ses arrêts en décrets d’autorité.

Le 20 mai 2025, il a frappé fort : condamnation de Matata Ponyo, député en fonction, sans levée d’immunité, sans autorisation de l’Assemblée nationale.

Un acte qui dépasse le simple fait judiciaire : c’est un acte de défi institutionnel.

KAMULETA, OU LA COUR-PERSONNAGE

Dans cette affaire, il n’est plus question d’un collège de magistrats. La Cour semble ne parler que par la voix de son président. C’est lui qui prononce, décide, tranche et impose.

«La République devient un monologue judiciaire, et Kamuleta en est le seul orateur », note un constitutionnaliste.

Son style ? Solennel, autoritaire, unilatéral.

Ses décisions ? Toujours tranchées, souvent contestées. Parfois spectaculairement illégales.

LE FAUX PROTECTEUR DE LA CONSTITUTION

C’est la grande ironie de cette affaire. Kamuleta prétend défendre la Constitution. Mais en réalité, il la manipule, la détourne, la tord à sa convenance.

Il a ignoré : l’article 107 (immunité parlementaire), l’article 168 (autorité des arrêts irrévocables), et toute la tradition républicaine de séparation des pouvoirs.

Le gardien est devenu bélier.

UN HOMME SEUL CONTRE UNE INSTITUTION MUETTE

Face à lui, l’Assemblée nationale se tait.

Le Conseil supérieur de la magistrature se tait. La Présidence de la République regarde ailleurs.

Et dans ce silence, Kamuleta avance. Il trace sa route, seul. Mais puissant. Et c’est précisément là le danger : « Quand une seule voix peut faire plier toutes les institutions, ce n’est plus une République. C’est une monarchie judiciaire. »

LE DESTIN D’UN HOMME, OU LE MIROIR D’UN PAYS ?

Ce n’est pas seulement la trajectoire de Kamuleta qu’il faut suivre. C’est ce que cette trajectoire dit de l’Etat de la République.

Un juge qui concentre les décisions. Une Cour qui piétine la procédure. Des élus paralysés. Et un peuple qui regarde, confus.

Kamuleta ne défie pas que Matata. Il défie la loi, le Parlement. Et par ricochet… la République elle-même.

CP