Contre toute attente, le ministre d’Etat en charge de la Justice Constant Mutamba s’est finalement présenté ce mardi devant le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, pour une audition tendue. Accompagné de son avocat et d’une foule de sympathisants, le Garde des sceaux, visé par un scandale de détournement autour d’un projet de construction d’une prison à Kisangani (39 millions USD), a subi son premier interrogatoire après la levée de son immunité parlementaire. Une nouvelle audience est prévue vendredi, alors qu’un second dossier pour «outrage à magistrat» vient s’ajouter à ses démêlés judiciaires.
Contre toute attente, le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, s’est présenté ce mardi devant le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, pour une audition marquée par les tensions. Accompagné d’une foule de sympathisants et de son avocat, le bâtonnier national Matadiwamba, le Garde des sceaux a subi son premier jour d’interrogatoire dans le cadre de l’enquête sur un projet controversé de construction d’une prison à Kisangani, estimé à 39 millions de dollars US.
Un revirement inattendu
Alors qu’il avait fermement refusé de se soumettre à une convocation du parquet, Mutamba a finalement cédé, poussé par la levée de son immunité par l’Assemblée nationale la semaine dernière. Cette décision lui permet désormais de répondre aux accusations portées contre lui, tout en conservant ses fonctions ministérielles.
Outre le scandale financier lié au projet de construction d’une prison de Kisangani, le ministre est également visé par un second réquisitoire déposé par le PG Mvonde pour «outrage à magistrat». Ce nouveau dossier fait suite à des propos virulents tenus par Mutamba le 26 mai 2025, lors desquels il avait vivement critiqué le PG et l’ensemble du corps judiciaire, les accusant de partialité.
Prochaine étape : vendredi
La justice a prévu une seconde audience ce vendredi 6 juin 2025, où Mutamba devra approfondir sa défense. En attendant, le ministre continue d’exercer ses fonctions, malgré les pressions politiques et judiciaires qui s’intensifient.
Cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire et s’inscrit dans un contexte de tensions entre le gouvernement et la magistrature. Certains observateurs y voient une épreuve de force entre les partisans d’une justice indépendante et ceux qui défendent l’exécutif.
Hugo Tamusa

