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La «pêche miraculeuse » de Tshisekedi : Fayulu et Muzito dans le «Gouvernement de transition », la majorité grogne

Dans un coup de maître politique, le Président Félix Tshisekedi parvient à rallier deux figures clés de l’opposition, Martin Fayulu et Adolphe Muzito, en vue d’un Gouvernement de transition. Objectif affiché : « sauver la patrie » et préparer un dialogue national. Mais cette alliance inédite ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité présidentielles, où certains alliés du pouvoir voient d’un mauvais œil cette intrusion. Judith Suminwa resterait Première ministre, épaulée par des poids lourds comme Jean-Pierre Bemba et d’autres nouveaux alliés. Les dés sont-ils jetés pour une nouvelle donne politique, ou les résistances internes risquent-elles de tout remettre en question ?

Dans un revirement po litique inattendu, deux figures majeures de l’opposition congolaise, Martin Fayulu et Adolphe Muzito, ont accepté de rejoindre le camp du Président Félix Tshisekedi pour participer à un futur Gouvernement de transition. Cette manœuvre, présentée comme une initiative pour «sauver la patrie », marque une étape cruciale en vue d’un probable dialogue national, dont les modalités restent encore à préciser.

Une alliance surprenante

Longtemps perçus comme des adversaires inflexibles du pouvoir, Fayulu (leader d’ECiDé) et Muzito (président du Nouvel Élan) ont finalement choisi la voie de la collaboration. Adolphe Muzito a confirmé sans ambages avoir accepté la main tendue du Chef de l’État, tandis que Martin Fayulu, bien que plus discret, serait prêt à jouer un rôle dans cette nouvelle configuration politique.

Selon des sources proches du Palais de la Nation, une ébauche du futur exécutif a déjà été soumise à Tshisekedi. Judith Suminwa conserverait son poste de Première ministre, mais serait épaulée par des personnalités influentes, avec rangs de vice-Premier ministre.

Des alliés méfiants

Cependant, cette ouverture vers l’opposition ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité présidentielle. Des poids lourds comme Vital Kamerhe, Modeste Bahati et Jean-Pierre Bemba verraient d’un mauvais œil l’arrivée de Fayulu et Muzito, perçue comme une intrusion dans leur «chasse gardée ».

Le Président Félix Tshisekedi devra donc user de tout son art de la persuasion pour éviter des remous au sein de sa propre coalition.

Si l’idée d’un Gouvernement de transition semble se concrétiser, elle s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un dialogue politique inclusif, censé apaiser les tensions et préparer l’avenir du pays. Reste à savoir quel format prendra ce dialogue et si d’autres factions de l’opposition, notamment celles de Moïse Katumbi, du FCC de Joseph Kabila et de l’opposition armée incarnée par la coalition rebelle AFC/M23, accepteront d’y participer.

Pour l’instant, les pronostics sont ouverts. En intégrant d’anciens rivaux dans le prochain gouvernement, Félix Tshisekedi tente de consolider son leadership, tout en cherchant une issue pacifique aux défis politiques qui persistent.

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