S’exprimant lors du 2ème congrès de l’Union sacrée de la nation, le Président de la République et haute autorité politique de sa plateforme, Félix Tshisekedi, a fermement rejeté l’initiative de dialogue facilitée par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Revendiquant son statut de « seul maître à bord », le Chef de l’État a dicté ses conditions pour tout processus de dialogue : qu’il soit endogène, congolais, et sous son entière maîtrise, sans interférence étrangère.
La position est sans équivoque et le ton, donné. Ce samedi, devant les militants et alliés de l’Union sacrée de la nation (USN) réunis au Centre culturel et artistique africain de Kinshasa pour leur deuxième congrès, le Président Félix Tshisekedi a tracé une ligne rouge très claire autour de la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
Alors que l’ancien chef de l’État sud-africain Thabo Mbeki s’apprête à initier une conférence pour la paix et la sécurité en RDC cette semaine en Afrique du Sud, le numéro un congolais a balayé d’un revers de main toute initiative qu’il ne contrôlerait pas personnellement. «Je ne me laisserai pas distraire par des initiatives de dialogue qui se tiennent à l’extérieur du pays; les Congolais n’ont pas besoin d’un facilitateur pour le dialogue», a-t-il lancé, sous les applaudissements de son auditoire.
REJET CATEGORIQUE DE L’AGENDA MBEKI
Le message était direct et destiné à plusieurs capitales étrangères. Le Président Tshisekedi a explicitement rejeté la proposition de Pretoria, la jugeant étrangère à son agenda et à celui de la nation congolaise. Refusant de « recevoir des ordres de qui que ce soit, ni de Washington, ni de Doha, encore moins de Pretoria», Tshisekedi a campé sur une position de force nationale.
«Les Congolais n’ont pas besoin de facilitateur», a-t-il insisté, précisant que s’il est un « homme de dialogue», cet instrument doit servir à «rassembler les Congolais autour d’un idéal commun» et non à répondre à des agendas externes. Il a également exclu toute discussion avec des «Congolais inféodés aux pays étrangers », dessinant ainsi les contours très stricts de tout futur éventuel dialogue.
SEUL MAITRE A BORD
Le cœur du discours présidentiel a été une affirmation sans fard de son autorité exclusive sur le processus politique national. «Il n’arrivera jamais de dialogue en dehors de ma propre initiative», a-t-il déclaré, se posant en seul architecte légitime de toute conversation nationale.
Pour Tshisekedi, la condition sine qua non d’un dialogue crédible est qu’il se tienne strictement «entre Congolais», sans aucune « interférence extérieure». C’est seulement dans ce cadre, selon lui, que la nation pourra «définir elle-même le mode de vie et de marche de notre République ». Une vision qu’il a demandée à ses alliés de soutenir sans réserve, consolidant ainsi son leadership au sein de la majorité.
L’USN SE STRUCTURE ET RENFORCE SON APPAREIL
En marge de cette prise de position forte, le congrès de l’USN a été l’occasion pour la plateforme présidentielle d’acter sa structuration. Les membres ont adopté la charte et le règlement intérieur du mouvement. Parmi les innovations majeures figure le renforcement significatif du secrétariat permanent, rebaptisé secrétariat exécutif.
Cet organe technique et administratif, désormais doté de plus de pouvoirs, est appelé à devenir le nerf de la guerre pour piloter les activités de la vaste coalition qui soutient le chef de l’État, consolidant ainsi l’appareil partisan de Tshisekedi en vue des défis à venir.
Par ce discours, Félix Tshisekedi a envoyé un double message. À l’international, il affirme que la RDC n’accepte plus les dialogues imposés ou facilités de l’extérieur, marquant une rupture avec certaines pratiques diplomatiques du passé. En interne, il rappelle à ses alliés comme à ses adversaires qu’il entend bien rester le «seul maître à bord» du navire congolais, définissant seul les règles du jeu politique et le calendrier des éventuelles négociations. Le congrès de l’USN aura ainsi servi de tribune pour réaffirmer, avec force, le principe d’une souveraineté congolaise absolue et personnifiée.
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