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Facture normalisée et contrôle des prix… : Suminwa choisit la voie du dialogue avec le secteur privé

Après les vives tensions provoquées par l’entrée en vigueur de la facture normalisée et les mesures de contrôle des prix, le bras de fer entre le Gouvernement et la Fédération des entreprises du Congo aura été de courte durée. En s’impliquant personnellement, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a choisi la voie de l’apaisement et du dialogue structuré, convainquant le secteur privé de privilégier la concertation plutôt que l’escalade, dans un contexte où la stabilité économique du pays reste un enjeu majeur.

La mise en œuvre de la facture normalisée le 1er décembre dernier avait allumé la mèche d’une crise ouverte entre le gouvernement et le secteur privé. La Fédération des Entreprises du Congo (FEC), criant à l’arbitraire, était presque entrée en guerre avec le ministre des Finances, Doudou Fwamba. C’est finalement l’intervention personnelle de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, qui a permis de désamorcer la bombe et de ramener les parties à la table des négociations.

Jeudi dernier, la Primature a été le théâtre d’une réunion cruciale du Cadre du dialogue public-privé, présidée par la Cheffe du gouvernement. Entourée d’une large délégation ministérielle incluant les portefeuilles clés de l’Économie, des Finances, du Plan et du Commerce extérieur, elle a reçu les responsables de la FEC conduits par son président, Robert Malumba Kalombo.

UN DIALOGUE POUR SAUVER LE CLIMAT DES AFFAIRES

L’objectif était clair : apaiser les tensions et instaurer une concertation permanente pour améliorer un climat des affaires jugé encore trop défavorable. Robert Malumba Kalombo a salué l’initiative, rappelant le score peu flatteur de 37% attribué à la RDC par le baromètre 2023. «D’où la nécessité d’un dialogue direct pour identifier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas», a-t-il insisté, pointant le fossé persistant entre la volonté politique affichée et l’application effective des réformes sur le terrain.

Le patron des patrons congolais a exposé les attentes du secteur privé, centrées sur la mise en œuvre concrète des réformes pour stimuler l’investissement.

En réponse, la Première ministre a adopté une posture d’écoute active et a pris des engagements précis.

«Mme la Première ministre nous a écoutés avec attention, a bien compris nos préoccupations et nous a assuré que certaines mesures seront mises en œuvre dès les prochains jours ou au début de l’année prochaine», s’est réjoui M. Malumba. Les sujets plus complexes feront l’objet de concertations sectorielles avec les ministres techniques concernés.

LA CONFIRMATION D’UNE VOIE : LE DIALOGUE INSTITUTIONNALISE

Cette rencontre marque plus qu’une simple trêve; elle valide la méthode «Suminwa» : privilégier systématiquement le dialogue structuré pour débloquer les situations conflictuelles. Cette approche s’inscrit dans le Pilier I du Programme d’Action du Gouvernement, qui fait de l’amélioration du climat des affaires et de la création d’emplois une priorité absolue.

En choisissant de décrisper personnellement la situation, la Première ministre a évité une fracture dommageable avec le moteur de l’économie nationale. Le cadre de dialogue public-privé se consolide ainsi comme le levier stratégique pour bâtir la confiance, encourager les investissements et porter la relance économique. La paix sociale et économique se construit, semble-t-il, à force de paroles et d’écoute.

Econews