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Un accord qui assure

L’approbation de la deuxième revue du programme du Fonds Monétaire International (FMI) par la République Démocratique du Congo est présentée, à juste titre, comme une réussite technique majeure. Elle valide une discipline macroéconomique retrouvée et ouvre les vannes à un décaissement substantiel de près de 3 milliards de dollars US. 

Derrière les indicateurs positifs – une inflation terrassée à 2,2%, un alignement salué entre le Trésor et la Banque Centrale – se cache pourtant l’enjeu réel : cette victoire des chiffres saura-t-elle se transformer en victoire concrète pour le Congolais ordinaire ?

Il faut commencer par reconnaître les progrès incontestables. La chute vertigineuse de l’inflation n’est pas un simple chiffre dans un tableau Excel. C’est une bouffée d’oxygène pour le pouvoir d’achat des ménages étranglés par la vie chère. La décision prudente de la BCC de baisser son taux directeur est un signal nécessaire pour relancer l’investissement privé, l’emploi et la croissance. L’engagement affiché en faveur de réformes structurelles – lutte contre la corruption, amélioration de la collecte des recettes, intégration de l’agenda climatique – trace la feuille de route d’une économie plus saine et plus résiliente.

Cependant, l’histoire économique de la RDC est pavée de programmes internationaux aux objectifs louables mais aux retombées trop souvent limitées à une élite. Le vrai test commence maintenant. Le décaissement du FMI ne doit pas servir à colmater des brèches budgétaires ou à perpétuer des dépenses opaques. Il doit être le levier financier qui active les réformes promises.

La plus grande ambiguïté réside dans le contraste entre la stabilité macroéconomique célébrée à Kinshasa et la réalité brutale qui prévaut à l’Est du pays. Le FMI lui-même note la « résilience » de l’économie malgré le conflit, mais cette résilience a un coût humain et social exorbitant.

Les fonds débloqués ne peuvent ignorer cette fracture abyssale. Une partie de ces ressources doit impérativement être fléchée pour soutenir les populations déplacées, reconstruire les infrastructures de base et appuyer une solution politique durable. Une croissance dite « inclusive » qui laisse pour compte les provinces en guerre n’est qu’un mirage.

L’accord avec le FMI est une nécessaire carte de crédit internationale et un gage de crédibilité retrouvée. Mais ce n’est qu’un moyen. La fin, c’est l’amélioration tangible des conditions de vie de tous les Congolais.

Le Gouvernement, fort de cette validation technique, a maintenant l’obligation de résultats. Il doit prouver que la bonne gouvernance n’est pas qu’un critère de Washington, mais une promesse faite à sa propre population. La réussite ne se mesurera pas au prochain décaissement du Fonds, mais au sentiment, dans les marchés de Goma, de Lubumbashi ou de Kisangani, que l’économie sert enfin le peuple, et non l’inverse.

Le temps des discours est révolu. Place à l’action tangible et vérifiable.

Econews