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Trump et la diplomatie des minerais critiques : RDC, Kenya et Guinée convoqués début février à Washington (Félix Tshisekedi parmi les invités d’honneur)

Alors que la rivalité stratégique entre Washington et Pékin s’intensifie autour du contrôle des minerais critiques, l’Afrique se retrouve une fois de plus au cœur du grand jeu géoéconomique mondial. Fidèle à son credo  » Make America Great Again « , le président américain Donald Trump mise sur l’accès sécurisé aux ressources stratégiques pour renforcer l’industrie et la sécurité nationale des États-Unis. Dans cette logique, la RDC, le Kenya et la Guinée sont convoqués début février à Washington pour un sommet consacré aux minéraux critiques, une rencontre à haute portée diplomatique et économique qui confirme le rôle central de la République Démocratique du Congo, pays clé dans la bataille mondiale pour le cobalt, le coltan, le cuivre et le lithium.

Dans le cadre de sa stratégie de »Make America Great Again » et de rivalité économique avec la Chine, l’administration du président américain Donald Trump passe à la vitesse supérieure. Elle convoque un sommet dédié aux minerais critiques, le 4 février 2026 à Washington, avec la participation confirmée de hauts responsables de la République Démocratique du Congo (RDC), du Kenya et de la Guinée.

Selon des sources bien introduites à la Maison Blanche, confirmées par une annonce du Département d’État sur X, cet événement vise à « renforcer les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques avec nos partenaires internationaux « , une question jugée » essentielle pour la sécurité économique et nationale des États-Unis ».

LA RDC, PIECE MAITRESSE DU DISPOSITIF

La RDC, qui détient les plus grandes réserves mondiales de cobalt et des gisements colossaux de cuivre, lithium et tantale, est au cœur de cette offensive diplomatique. Selon le mensuel Jeune Afrique, le Président de la République, Félix Tshisekedi, fera le déplacement en personne, accompagné du Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et du président du Conseil d’administration de la Gécamines, Guy-Robert Lukama.

Cette convocation fait suite à l’Accord du 4 décembre 2025 signé à Washington entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame du Rwanda, sous l’égide de Donald Trump. Cet accord incluait un volet économique visant à tracer et assainir les chaînes d’approvisionnement de minerais pour garantir leur accès aux industries américaines de pointe (téléphonie, véhicules électriques, défense).

 » Tout le monde va gagner beaucoup d’argent », avait promis Donald Trump à l’époque, annonçant l’envoi de « grandes entreprises américaines » en RDC.

UNE COOPERATION CONDITIONNEE PAR LA PAIX REGIONALE

Cependant, l’administration Trump fait face à un défi majeur : la persistance des tensions entre la RDC et le Rwanda. La coopération économique envisagée, notamment pour sécuriser les flux de minerais en provenance de l’Est de la RDC, reste « impossible » tant que la situation n’est pas apaisée, reconnaissent les observateurs. Notamment, le président Paul Kagame ne serait pas attendu à Washington pour le sommet parallèle du « National Prayer Breakfast  » le 5 février, auquel participera Félix Tshisekedi.

Au-delà de la RDC, les États-Unis cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement en Afrique. La présence de la Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, et du Kenya, hub économique et technologique d’Afrique de l’Est, témoigne de cette volonté. Ces pays sont perçus comme des partenaires stratégiques pour construire des chaînes d’approvisionnement alternatives à la domination chinoise.

Dans une démarche proactive, Kinshasa a déjà transmis à Washington une liste d’actifs miniers publics contenant du manganèse, du cuivre, du cobalt, de l’or et du lithium, destinée à attirer les investisseurs américains.

Ce sommet du 4 février marque une nouvelle étape agressive de la « diplomatie des minerais » de l’ère Trump. Elle place plusieurs pays africains riches en ressources dans une position de courtisés, mais aussi sous pression pour choisir leur camp dans la guerre économique et technologique entre les deux géants.

La capacité de Washington à concilier ses impératifs sécuritaires avec les intérêts de développement et de souveraineté de ses partenaires africains sera scrutée de près, alors que la Chine, bien ancrée dans les mines congolaises, consolide aussi son emprise – au nom des avantages reconnus au premier arrivant.

Econews