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Gouvernance scolaire : Raïssa Malu engage la révolution numérique du contrôle des enseignants

L’école congolaise entre dans une nouvelle ère. À l’Athénée de la Gombe, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a procédé au lancement officiel de la digitalisation du contrôle physique des enseignants par la DINACOPE. Une réforme structurante qui marque un tournant décisif dans la modernisation de l’administration scolaire et la consolidation de la bonne gouvernance du secteur éducatif en République Démocratique du Congo.

Une réforme au cœur de la vision présidentielle

Dans son allocution, la ministre d’État a inscrit cette initiative dans la vision de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour qui l’éducation constitue le principal levier du développement national. Loin d’être un acte isolé, ce lancement s’intègre dans les engagements du Plan quinquennal 2024-2029, notamment son objectif stratégique 4, qui vise la modernisation du système éducatif par l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC).

«Moderniser l’école, c’est moderniser l’État», a martelé la ministre d’Etat, soulignant que la transformation numérique de l’administration éducative est une condition indispensable pour améliorer la qualité de l’enseignement et restaurer la confiance entre l’État, les enseignants et les communautés éducatives.

Mettre fin aux failles structurelles de la gestion des effectifs

Au cœur de la réforme figure la transition du format papier vers un système numérique intégré au sein de la DINACOPE. Cette mutation répond à un impératif de gouvernance : assainir la gestion des effectifs enseignants, longtemps fragilisée par des doublons, des cas fictifs et une traçabilité limitée des mouvements du personnel.

La digitalisation du contrôle physique permettra désormais : – une base de données unique, sécurisée et fiable des enseignants; – l’élimination systématique des doublants et agents fictifs; – une meilleure planification des affectations et  une traçabilité complète des mouvements du personnel sur l’ensemble du territoire national.

Autant de mesures qui visent à rationaliser l’utilisation des ressources publiques et à garantir que chaque enseignant reconnu par l’État exerce effectivement sur le terrain.

Des phases pilotes concluantes avant la généralisation

La ministre d’État a rappelé que cette réforme repose sur des bases solides. Des tests pilotes concluants ont été menés dans la ville de Kinshasa et la province du Kongo Central, validant la fiabilité du dispositif. Fort de ces résultats, le ministère amorce désormais la généralisation nationale du système.

Pour accompagner cette montée en puissance, une remise symbolique d’équipements a marqué la cérémonie : 1960 tablettes, 309 ordinateurs et un serveur, acquis grâce à l’appui du Projet Perse. Ces outils constituent l’ossature technologique indispensable au déploiement effectif du contrôle digitalisé dans toutes les provinces.

Une innovation au service des enseignants

Au-delà de l’aspect administratif, la digitalisation ouvre la voie à des avancées majeures en faveur des enseignants eux-mêmes. Elle prépare notamment la délivrance de cartes de service biométriques à puce, qui feront également office de cartes bancaires et de portefeuilles électroniques.

Cette innovation vise à simplifier et sécuriser le paiement des salaires, y compris dans les zones les plus reculées du pays, où l’accès aux services financiers reste limité. Un pas décisif vers l’inclusion financière du personnel enseignant et la réduction des retards et irrégularités dans la chaîne de paie.

Gouvernance, rigueur et équité

En alignant cette réforme sur l’axe 3 du Plan quinquennal, consacré au renforcement de la gouvernance, le ministère réaffirme sa détermination à instaurer une administration scolaire plus rigoureuse, plus équitable et plus performante. L’objectif est clair : que chaque franc investi dans l’éducation bénéficie effectivement à l’enseignant et, in fine, à l’élève congolais.

«L’innovation technologique doit être le moteur d’une administration scolaire moderne et efficace », a insisté Raïssa Malu Dinanga, avant de déclarer officiellement lancé le processus de digitalisation du contrôle physique des enseignants sur toute l’étendue de la République.

Un signal fort pour l’avenir de l’école congolaise

Ce lancement officiel envoie un message fort : celui d’un État résolu à rompre avec les pratiques du passé et à bâtir une école fondée sur la transparence, la responsabilité et la performance. À travers cette réforme, le gouvernement pose les jalons d’un système éducatif plus crédible, capable de répondre aux défis du développement national.

La digitalisation du contrôle des enseignants apparaît ainsi comme bien plus qu’une innovation technique : elle s’impose comme un outil stratégique de refondation de l’école congolaise, au service de la qualité de l’enseignement, de la dignité des enseignants et de l’avenir des élèves.

Tighana MASIALA