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Gouvernement Suminwa II, l’année 2026 de tous les défis (Sondage Les Points)

Porté par une popularité solide (68 % d’opinions favorables pour la Première ministre) et un budget record de 20 milliards de dollars US, le Gouvernement Suminwa aborde 2026 avec une feuille de route claire : discipline budgétaire, offensive diplomatique et justice sociale. Entre le nouveau SMIG à 21.500 FC, la montée en puissance de la Couverture santé universelle et le lancement symbolique du programme « Debout Jeunes Congolais » le 30 juin, l’exécutif congolais veut croire à la bascule. Mais au-delà des chiffres et des intentions, l’équation reste la même : transformer l’ambition en résultats tangibles pour les Congolais. L’heure n’est plus aux annonces, mais à l’exécution. Renseignements généraux du Sondage.

« Suminwa II face au test de l’efficacité en ce début 2026 »

Entre discipline budgétaire, diplomatie offensive et politiques sociales affirmées, l’exécutif congolais aborde l’année 2026 avec des ambitions clairement affichées. Portée par une popularité solide et une présence accrue sur le terrain, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, semble désormais avoir trouvé son tempo, malgré un environnement économique encore exigeant.

Selon le dernier baromètre « Les Points – Gouvernement », réalisé du 4 au 5 mars 2026 et couvrant la période de janvier à février, la cheffe du gouvernement recueille 68 % d’opinions favorables.

Loin des bureaux feutrés de Kinshasa, Judith Suminwa a multiplié les déplacements et les interventions directes. Sa gestion de la crise à Uvira, notamment, a contribué à renforcer l’image d’un État capable de réagir rapidement face aux urgences humanitaires et sociales.

Parmi les décisions marquantes de ce début d’année figure l’entrée en vigueur du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), désormais fixé à 21.500 FC par jour.

Une mesure qui n’a pas manqué de susciter des réserves dans une partie du secteur privé, mais que la Première ministre assume pleinement. Pour l’exécutif, la revalorisation du travail constitue un levier essentiel de justice sociale et de relance de la consommation intérieure.

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation sociale, articulée autour de deux axes majeurs : La Couverture santé universelle, dont le déploiement progressif se poursuit à travers le pays ; Le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), désormais entré dans une phase de réalisation visible dans plusieurs provinces. Pour soutenir ces ambitions, le Gouvernement s’appuie sur un budget record d’environ 20 milliards de dollars. La défense nationale, qui absorbe près de 30 % des allocations budgétaires, dans un contexte sécuritaire toujours sensible ; La souveraineté alimentaire, avec des investissements destinés à réduire la dépendance aux importations et à stimuler l’agriculture locale.

« Nous ne sommes plus dans l’incantation, mais dans le passage à l’échelle », confie un proche de la Primature.

Au sein de l’équipe gouvernementale, Justin Kalumba Mwana Ngongo, ministre de l’Entrepreneuriat et des PME, apparaît comme la figure la plus dynamique de ce début d’année.

Crédité de 65 % d’opinions favorables, il occupe la première place du classement ministériel du baromètre Les Points – Gouvernement. Une popularité qui s’explique par une présence soutenue sur le terrain et par le lancement imminent d’un projet à forte portée économique : le programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais ».

Prévu pour le 30 juin prochain, ce programme ambitionne de transformer les 182 circonscriptions électorales du pays en véritables pôles de croissance entrepreneuriale.

L’idée est simple mais ambitieuse : rapprocher l’investissement et les opportunités économiques des citoyens, y compris dans les zones les plus éloignées des grands centres urbains.

Grâce à une collaboration stratégique avec la CENI, ces circonscriptions, jusqu’ici essentiellement politiques, pourraient devenir de véritables bassins d’activités économiques.

Le cœur opérationnel du programme repose sur le Concours national des plans d’affaires simplifiés (CONAFAS), doté d’une enveloppe estimée entre 650 millions et 1,3 milliard de dollars sur six ans.

Trois piliers structurent cette initiative : La formation et l’insertion professionnelle des jeunes ; La transparence dans la gouvernance et l’allocation des ressources ; Un financement massif destiné à soutenir directement les PME locales.

L’objectif est clair : transformer la promesse politique en opportunités économiques concrètes et faire émerger progressivement une nouvelle classe moyenne entrepreneuriale.

Le lancement prévu le 30 juin 2026, jour de l’indépendance nationale, revêt une forte portée symbolique : pour beaucoup de jeunes Congolais, il s’agit désormais de conquérir une véritable indépendance économique.

Avec 63 % d’opinions favorables, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias, s’impose comme la deuxième personnalité la plus appréciée du gouvernement.

Son action se concentre sur la consolidation d’une communication stratégique de l’État, notamment face aux campagnes de désinformation.

Lors d’une table ronde consacrée au fact-checking, organisée à Kinshasa le 27 janvier, il a averti : « La désinformation est devenue une véritable arme de guerre. »

Dans un contexte sécuritaire tendu dans l’Est du pays, le ministre a également rappelé la position du gouvernement : aucune négociation sous contrainte. Fidèle à son principe de redevabilité, il continue par ailleurs d’assurer une communication régulière autour des décisions du Conseil des ministres, contribuant à renforcer la transparence de l’action gouvernementale.

Troisième du classement avec 61 % d’opinions favorables, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba poursuit une stratégie de réformes visant à renforcer la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles.

Parmi les mesures phares : l’obligation pour les entreprises minières de céder 5 % de leur capital aux travailleurs congolais ; le lancement d’un vaste programme de cartographie géophysique du territoire ; la promotion de la transformation locale des minerais, notamment lors du forum international Mining Indaba ; l’initiative GoldConnect, destinée à sécuriser la chaîne de valeur de l’or.

Avec 58 % d’opinions favorables, le ministre délégué Éliezer Ntambwe s’est distingué par son action en faveur de la pacification sécuritaire et de la réhabilitation des anciens combattants.

Au cours des deux premiers mois de l’année, plus de 500 miliciens Mobondo se sont transférés dans le  service national pour leur réinsertion socio-professionnelle.

Parallèlement, le ministre a engagé une offensive contre la spoliation des biens fonciers appartenant aux anciens combattants, avec des missions de terrain à Lubumbashi, au Lualaba et dans la commune de Ndjili à Kinshasa.

Le projet des « Fermes de la Patrie », destiné à transformer les anciens soldats en acteurs de l’autosuffisance alimentaire, figure également parmi les initiatives structurantes de ce secteur.

Au ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba mise sur la stabilisation des prix et la formalisation progressive du secteur informel, tout en renforçant la visibilité internationale de la RDC, notamment lors du Forum économique mondial de Davos.

Aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner (54 %) a marqué les esprits lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, en dénonçant les violations massives des droits humains dans l’Est du pays. Elle a également contribué à consolider le retour de la RDC au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2026-2027.

Dans le secteur de la santé, Samuel-Roger Kamba (52 %) met en avant une baisse des cas de Mpox et de choléra, ainsi qu’un renforcement de la recherche médicale.

À la Justice, Guillaume Ngefa (48 %) a relancé le FRIVAO pour l’indemnisation des victimes et procédé à plusieurs affectations de magistrats afin de consolider l’indépendance judiciaire.

Au Budget, Adolphe Muzito (44 %) a finalisé les arbitrages de la Loi de finances 2026, évaluée à 22 milliards de dollars, en insistant sur la nécessité d’une stricte discipline budgétaire.

Enfin, aux Infrastructures, John Banza Lunda (41 %), en léger recul, se distingue néanmoins par une présence active sur le terrain : lutte contre les érosions à Kinshasa, inspection de la RN2 Butembo-Kanyabayonga et préparation de la première Conférence nationale sur les infrastructures.

Au terme de ce premier bimestre 2026, le baromètre dessine les contours d’un gouvernement Suminwa en mouvement, bénéficiant d’un capital de confiance non négligeable.

Mais au-delà des chiffres de popularité, l’enjeu demeure désormais central : transformer les ambitions politiques et budgétaires en améliorations concrètes dans la vie quotidienne des Congolais. Car si la pédagogie de l’action gouvernementale a commencé à porter ses fruits, l’épreuve décisive restera celle des résultats visibles sur l’ensemble du territoire national.

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Sondage Les Points

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