L’étau se resserre dangereusement autour de Charles Mudiay Kazadi. Le Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) est aujourd’hui la cible d’une enquête de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) portant sur des soupçons de détournements massifs de fonds publics. Au cœur du scandale : un flou financier abyssal estimé à près de 150 millions de dollars américains, qui se seraient volatilisés via un réseau opaque d’une dizaine de comptes bancaires parallèles. Sommée de fournir des justificatifs en «extrême urgence », la direction de la CNSS fait face à des accusations de saignée systématique des cotisations sociales. Alors que l’ANR reconstitue les pièces d’un puzzle financier explosif, le dossier brûlant de ce qui s’apparente à un vaste réseau de prédation pourrait très prochainement atterrir sur la table de la justice congolaise.
La terre se dérobe sous les pieds du Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Charles Mudiay Kazadi, patron de l’une des institutions les plus stratégiques du pays, est actuellement traqué par l’Agence nationale des renseignements (ANR) dans le cadre d’une enquête pour détournement présumé de deniers publics portant sur des millions de dollars américains.
Selon des informations parvenues à notre rédaction, l’étau se resserre autour du haut fonctionnaire. Une réquisition d’information visant Charles Mudiay a été émise, lui intimant l’ordre de fournir en « extrême urgence » des preuves concernant d’importants flux financiers transitant par plusieurs comptes bancaires de la CNSS. Une injonction qui sonne comme un ultimatum.
150 millions de dollars dans la brume
Des sources proches du dossier, jointes par EcoNews, font état de chiffres vertigineux. Près de 150 millions de dollars américains seraient difficilement retraçables depuis la prise de fonctions de Charles Mudiay à la tête de l’institution. Une somme colossale qui, si elle venait à être confirmée par l’enquête, placerait cette affaire parmi les plus gros scandales financiers de la décennie.
Mais les révélations ne s’arrêtent pas là. Selon des indiscrétions recueillies auprès d’anciens collaborateurs et de sources internes à la CNSS, le Directeur général aurait multiplié les comptes bancaires parallèles pour organiser ce qui s’apparente à un véritable système de saignée financière. Pas moins d’une dizaine de comptes « off the books » auraient été ouverts et alimentés à l’insu du conseil d’administration, transformant l’institution de sécurité sociale en pompe aspirante au profit de réseaux occultes.
L’ANR reconstitue le puzzle
Pour l’heure, la Justice ne s’est pas encore officiellement saisie du dossier. C’est l’Agence nationale des renseignements qui mène la danse, tentant de reconstituer les pièces éparses d’un puzzle complexe. Les limiers de l’ANR planchent sur des flux financiers suspects, des transferts non justifiés et des mécanismes de blanchiment présumés qui auraient permis de vider les caisses de la CNSS.
Contactés par notre rédaction, les services de communication de l’institution de sécurité sociale sont restés muets. Dans l’entourage de Charles Mudiay, on évoque « une cabale montée de toutes pièces », sans toutefois fournir de démenti formel sur la réalité des comptes parallèles.
Une institution exsangue
Pendant que l’enquête suit son cours, une question taraude les esprits : où est passé l’argent des travailleurs congolais ? La CNSS, qui a pour mission de gérer les cotisations sociales et de verser les pensions aux retraités, risque de voir sa crédibilité gravement entamée. Si les accusations s’avéraient fondées, ce sont des milliers de bénéficiaires qui pourraient subir les conséquences de cette gestion pour le moins hasardeuse.
L’affaire Charles Mudiay n’en est qu’à ses débuts, mais elle sent déjà la poudre. Entre réquisitions de l’ANR, comptes offshore présumés et millions évaporés, le DG de la CNSS devra répondre de ses actes. La balle est désormais dans le camp de la Justice, qui devra dire si ce dossier fleure bon le scandale d’État ou s’il ne s’agit que d’une tempête dans un verre d’eau. Les prochains jours seront décisifs.
Econews

