Le Président angolais, João Lourenço, a franchi mardi une nouvelle étape dans la stratégie technologique angolaise en inaugurant à Luanda le centre de données et le cloud du gouvernement. Présentée comme une infrastructure clé pour l’avenir du pays, cette plateforme doit permettre l’hébergement sécurisé des données publiques à l’échelle nationale et renforcer l’autonomie numérique de l’Angola face aux dépendances extérieures.
La cérémonie s’est tenue en présence de la Première dame de l’Angola Ana Dias Lourenço, symbole de l’importance politique accordée à ce chantier considéré comme structurant pour la modernisation de l’État.
Un virage stratégique pour l’administration angolaise
Dans son allocution, le ministre des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale, Mário Oliveira, a salué la vision du chef de l’État, estimant que son engagement a été décisif dans la réalisation de projets à fort impact économique et institutionnel.
Selon lui, la maîtrise des données est désormais au cœur de la puissance des nations. Leur sécurisation, leur traitement et leur gouvernance conditionnent à la fois la compétitivité économique, la transparence publique et la souveraineté nationale.
Dans cette logique, le nouveau centre de données ne constitue pas seulement un investissement technologique. Il marque la volonté de bâtir un écosystème numérique robuste, résilient et inclusif, capable d’accompagner la transformation de l’administration angolaise.

L’Angola consolide ses acquis numériques
L’inauguration du centre de données et le Cloud du gouvernement intervient après plusieurs projets majeurs lancés ces dernières années. Le gouvernement angolais met notamment en avant le satellite ANGOSAT-2, lancé en 2022, qui a renforcé les capacités nationales de communication et soutenu l’inclusion numérique.
Autre chantier emblématique : le réseau national de fibre optique, avec plus de 22 000 kilomètres d’infrastructures terrestres déployées. Ce maillage progressif facilite l’interconnexion des capitales provinciales et renforce les échanges avec les pays voisins.
Le raccordement au câble sous-marin international 2Africa place également l’Angola sur une route stratégique des flux numériques entre l’Afrique et les grands marchés mondiaux.
Des indicateurs en nette progression
Les autorités angolaises mettent en avant plusieurs chiffres illustrant l’accélération du secteur :
– plus de 85 % de la population couverte par le haut débit ;
– environ 17,7 millions d’abonnés fixes et mobiles ;
– un taux de pénétration mobile proche de 75 %.
Pour Luanda, ces performances dépassent les objectifs intermédiaires fixés dans le Plan national de développement 2023-2027 et positionnent le pays au-dessus de certaines moyennes régionales de la SADC.

Investissements, cybersécurité et intelligence artificielle
Le nouveau centre de données doit offrir plusieurs avantages stratégiques : hébergement local des informations sensibles de l’État, réduction des coûts opérationnels, extension des services publics numériques et renforcement de la confiance des investisseurs.
Le gouvernement angolais y voit aussi un outil de cybersécurité, grâce à des capacités accrues de surveillance et de réponse aux menaces numériques.
L’infrastructure doit par ailleurs soutenir l’émergence de solutions innovantes dans des domaines comme l’intelligence artificielle, les mégadonnées et les villes intelligentes, autant de secteurs appelés à transformer les économies africaines dans la décennie à venir.

Un pôle numérique en Afrique australe
Pensé comme évolutif, le centre de données repose sur une architecture moderne combinant stockage, puissance de calcul et connectivité avancée, avec l’appui de compétences nationales.
Au-delà des services administratifs, il devra également accompagner la modernisation des médias publics, notamment TPA et RNA, dans leurs projets de transformation technologique.
Avec cette inauguration, l’Angola envoie un signal clair : la diversification économique passera aussi par les infrastructures numériques. En faisant de la donnée un levier de souveraineté, Luanda cherche désormais à s’imposer comme l’un des futurs hubs technologiques d’Afrique australe.
Econews

