Mines

Mines : la Société civile salue l’élan de Louis Watum mais exige des réformes sans compromis

Un satisfecit nuancé, mais une exigence ferme. La plateforme citoyenne DYCOD-RDC, en coalition avec le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité, a rendu public, vendredi 25 avril, un communiqué dans lequel elle salue l’énergie nouvelle imprimée par le Ministre des Mines, Louis Watum, tout en l’appelant à transformer cette dynamique en réformes structurelles irréversibles.

Signée par le coordonnateur national Patient Bashombe Matabishi, la déclaration reconnaît une rupture méthodologique rare dans la gouvernance du secteur : descentes inopinées dans les services publics sous tutelle et tournée d’immersion dans les provinces minières stratégiques. « Une approche de proximité longtemps réclamée, enfin mise en œuvre », souligne le texte.

Un constat partagé : le secteur ne peut plus attendre

Pour la Société civile, cette « nouvelle donne » ne saurait toutefois se réduire à des gestes d’affichage. Derrière l’encouragement affiché pointe une exigence de fond : « Le secteur minier, pilier stratégique de l’économie nationale, ne peut continuer à fonctionner en décalage avec les exigences de transparence, d’équité et de développement durable », insiste la DYCOD-RDC.

Depuis des années, les organisations citoyennes dénoncent les failles béantes du système : gouvernance opaque, absence criante de traçabilité des ressources, fiscalité désordonnée, et conditions souvent désastreuses de l’exploitation artisanale sur les communautés locales. Le Ministre Louis Watum, par ses déplacements sur le terrain, aurait mesuré lui-même l’ampleur des dégâts. Reste à savoir s’il osera passer à l’acte.

Des attentes précises, presque un cahier de charges

La plateforme, qui fédère 235 organisations, ne se contente pas de vœux pieux. Elle formule cinq exigences concrètes : l’affectation effective des coopératives minières dans les zones d’exploitation artisanale (ZEA) récemment instituées ; le respect strict des droits des communautés impactées par les projets miniers ; l’élimination des personnes non éligibles de l’exploitation minière artisanale, fléau qui nourrit l’informel et les conflits ; la transformation du SAEMAPE – actuel service public – en un véritable établissement public doté de moyens et d’autonomie ; la mise en place d’un système national de traçabilité crédible, reconnu par les acheteurs internationaux, pour briser la chaîne des minerais de conflit.

« Les premiers signes observés sous l’impulsion du ministre laissent entrevoir une nouvelle dynamique, mais elle doit être consolidée par des réformes inclusives et structurantes », a déclaré Patient Bashombe Matabishi.

Une main tendue, mais une vigilance affirmée

Au-delà de l’appel, la Société civile réaffirme sa disponibilité à accompagner les efforts de réforme. « Nous ne serons pas des opposants systématiques, mais des veilleurs intransigeants », résume le communiqué. L’objectif final est clair : faire des richesses naturelles de la RDC un véritable levier de paix, de stabilité et de prospérité partagée – et non plus un facteur de prédation et de conflits.

Cette prise de position intervient à un moment où la gouvernance minière est au cœur des débats politiques et économiques, et où les attentes des populations locales, souvent sacrifiées sur l’autel des intérêts extractifs, n’ont jamais été aussi fortes.

Econews