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Monnaie mobile en RDC : Mukoko Samba sort le bâton de la régulation et engage la réforme

Déterminé à remettre de l’ordre dans un secteur en pleine expansion mais encore entaché de zones d’ombre, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a profité de son passage à l’Assemblée nationale pour clarifier les règles du jeu et annoncer des réformes structurantes dans le domaine de la monnaie mobile. Face aux préoccupations des élus nationaux sur les coûts jugés élevés des transactions, il a rappelé la répartition des responsabilités entre son ministère et la Banque centrale du Congo, tout en assumant la nécessité d’une refonte du cadre actuel. Entre harmonisation des pratiques, renforcement de la transparence et lancement imminent de l’outil numérique « LOBA » pour protéger les consommateurs, Daniel Mukoko affiche une volonté ferme : assainir le secteur, restaurer la confiance et faire de la régulation un levier au service de l’intérêt public.

Le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, ne compte plus laisser le secteur de la monnaie mobile fonctionner en roue libre. Invité à s’expliquer devant l’Assemblée nationale le jeudi 23 avril, il a livré un diagnostic sans complaisance et annoncé une série de réformes destinées à mettre fin aux dysfonctionnements, à la cherté excessive et au manque de transparence qui pénalisent des millions de Congolais.

Répondant à une question orale de l’honorable Jean-Baptiste Mbefu, le VPM a d’abord rappelé le partage des compétences : si son ministère veille au cadre général des prix et de la concurrence, la tarification spécifique des services financiers mobiles relève de la Banque centrale du Congo (BCC), à travers les instructions n°58 et n°24. Loin de se retrancher derrière cette répartition, Mukoko Samba a assumé sa responsabilité de coordinateur et de régulateur économique.

Un constat alarmant : la RDC plus chère que ses voisins

Face aux élus, le patron de l’Économie nationale a fait preuve d’une franchise rare. Il a reconnu sans détour que les coûts liés aux transactions de monnaie mobile en RDC sont « plus élevés » que dans les pays voisins. À titre de preuve, il a comparé les droits d’accises : 10 % en RDC contre seulement 2 % au Cameroun. Un écart qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des consommateurs et freine l’inclusion financière.

« Cette situation n’est plus tenable », a-t-il signifié à l’hémicycle, affirmant sa volonté de « mettre de l’ordre dans un secteur essentiel à l’économie numérique et au quotidien des Congolais ».

Des réformes en cours et une collaboration accrue

Pour inverser la tendance, Daniel Mukoko Samba a dévoilé plusieurs chantiers ouverts. Une réforme interministérielle est en cours, menée conjointement avec l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), le ministère des Postes, Télécommunications et Numérique, ainsi que la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). L’objectif : harmoniser les règles, renforcer la transparence financière et encadrer enfin les pratiques tarifaires des opérateurs.

Dans ce cadre, la Commission de la concurrence procède actuellement à la signature de protocoles d’accord avec les différents régulateeurs du secteur. Une avancée majeure pour briser les silos institutionnels et garantir une supervision efficace.

« LOBA » : un outil numérique pour que le consommateur reprenne la main

Le VPM a également annoncé le lancement prochain d’un dispositif inédit : une plateforme numérique dénommée « LOBA » (qui signifie « signaler » ou « crier » en lingala). Cet outil permettra aux usagers des services de monnaie mobile de déposer leurs plaintes directement, de signaler les abus tarifaires ou les pratiques douteuses. Une campagne de sensibilisation est prévue dans les prochains jours.

« L’objectif est de créer une synergie d’actions pour mieux protéger le consommateur. Nous ne laisserons plus les opérateurs imposer des frais opaques sans contrôle », a martelé Daniel Mukoko Samba.

Un message clair : l’ordre et la protection du citoyen

En conclusion de son intervention, saluée par une écoute attentive des députés nationaux, le Vice-Premier Ministre a remercié l’initiative parlementaire, estimant qu’elle contribuera à améliorer durablement les mécanismes de régulation. Au-delà des mots, il a prouvé sa détermination à agir : réforme structurelle, collaboration entre régulateurs, outil numérique de signalement, et bientôt – promet-il – une baisse effective des coûts pour les millions de Congolais qui utilisent quotidiennement la monnaie mobile.

Avec cette série d’annonces, Daniel Mukoko Samba envoie un signal fort : son ministère ne sera plus un spectateur passif. La volonté de mettre de l’ordre dans son secteur n’est plus une simple déclaration d’intention – c’est désormais un chantier prioritaire, sous le regard vigilant des parlementaires et des consommateurs.

Econews