En ouvrant officiellement la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, le mercredi 17 juin 2026, le Ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, a fermement affiché sa volonté de rompre avec le modèle extractiviste traditionnel pour ériger l’industrie minière en véritable vecteur de développement national. Devant un parterre d’investisseurs et de partenaires stratégiques, le patron des Mines a réaffirmé l’ambition de la République démocratique du Congo de ne plus être un simple fournisseur de matières brutes, mais de s’imposer comme la plaque tournante mondiale de la transformation locale et de la valorisation des minéraux critiques. Un cap stratégique qui passe par une modernisation accélérée du secteur, au service de la croissance durable du pays.
C’est un message sans équivoque qu’a délivré le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ce mercredi à l’ouverture de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week. Devant un parterre d’investisseurs, d’opérateurs miniers et de partenaires réunis à Lubumbashi, le Ministre a réaffirmé avec une fermeté remarquable la volonté du gouvernement congolais de faire du secteur minier un véritable vecteur de développement pour le pays.
Alors que la RDC est assise sur des réserves colossales de cuivre, de cobalt, de lithium et d’autres minéraux stratégiques, Louis Watum a martelé que l’ère de l’extraction brute doit laisser place à celle de la transformation locale et de la création de valeur ajoutée. « Nous ne devons pas rater cette opportunité et laisser toujours les autres se servir, tandis que nous restons une simple source d’approvisionnement sans créer de richesses pour les nôtres », a-t-il déclaré, illustrant sa vision par une analogie forte : « Ce que l’Arabie Saoudite était dans les années 70 à cause du pétrole, c’est ce que la RDC est aujourd’hui au monde grâce à ses minerais stratégiques » .
Le Ministre a salué les performances du secteur, rappelant que la RDC a produit près de 3,5 millions de tonnes de cuivre en 2025 et qu’elle demeure le premier producteur mondial de cobalt. Il a également annoncé une étape historique : la première production commerciale de lithium est attendue au second semestre 2026. Un cap symbolique dans la diversification de l’offre minière congolaise.

Une ambition qui redéfinit le contrat social minier
Au-delà des chiffres, c’est un nouveau modèle de développement que Louis Watum a esquissé. Dans un propos acéré, il a pointé les limites d’un siècle d’exploitation industrielle qui a fait des sites miniers « des îlots de prospérité pour une élite, entourés par un océan de pauvreté et de désespoir ». « Ce tableau doit changer », a-t-il martelé.
Pour y parvenir, la vision gouvernementale repose sur plusieurs piliers, dont : une répartition juste des richesses. A ce sujet, le Ministre a appelé à des « conversations adultes » entre l’État, les investisseurs et les communautés, afin de définir une répartition équitable des retombées économiques, rappelant la nécessité de l’émergence d’une classe d’investisseurs congolais : « Les Congolais ne doivent pas rester seulement des travailleurs ou sous-traitants. Ils doivent progressivement devenir des investisseurs, des actionnaires, des propriétaires de gisements et de richesses ».
Des communautés bénéficiaires en premier lieu : La volonté est que les populations vivant à proximité des projets miniers soient les premières à profiter de la manne générée .
Une modernisation de la gouvernance : Cela passe par la digitalisation des services, le renforcement de la traçabilité des minerais, et l’amélioration de la sécurité et de la transparence pour les investisseurs.
Des défis structurels à relever
Cette ambition se heurte à des défis logistiques et structurels de taille. Le Ministre a donc lié le développement minier à celui des infrastructures, notamment énergétiques, ferroviaires et portuaires. L’amélioration des corridors logistiques est jugée indispensable pour renforcer la compétitivité du secteur et faciliter l’accès aux marchés internationaux.
Il a également tendu une main ouverte aux investisseurs, les invitant à accompagner la RDC dans cette dynamique de transformation, conformément à la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et sous la coordination de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka.
Avec un intervenant de ce calibre — un ingénieur chimiste de formation, ex-manager chez Randgold et Ivanhoe Mines, et ancien président de la Chambre des Mines — le message est clair : la RDC est ouverte aux affaires, mais elle entend désormais peser de tout son poids dans la chaîne de valeur mondiale des minéraux critiques.
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