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Le pari de Doudou Fwamba : la RDC et la SFI s’allient pour faire naître la Bourse de Kinshasa

La République Démocratique du Congo franchit un cap décisif dans la modernisation de son économie. Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a signé, jeudi 18 juin au Centre financier de Kinshasa, un accord de coopération stratégique avec la Société financière internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque mondiale.

Objectif : accélérer la création de la «Kinshasa Stock Exchange (KSE) », la toute première bourse des valeurs du pays. Un projet ambitieux, porté par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui ambitionne de révolutionner le financement de l’économie nationale.

Un partenariat d’expertise pour un marché financier solide

L’accord avec la SFI ne se limite pas à un simple soutien politique. Il s’agit d’un appui technique et opérationnel de premier plan, articulé autour de plusieurs axes clés : renforcement du cadre réglementaire : doter la RDC d’une législation moderne et sécurisée ; développement des infrastructures boursières : créer les outils technologiques et organisationnels du marché ; formation des acteurs : préparer les futurs opérateurs, régulateurs et investisseurs ; accompagnement des premières opérations : garantir un lancement crédible et fluide.

Pour Malick Fall, directeur pays de la SFI, cette initiative intervient à un moment crucial pour la diversification de l’économie congolaise : «Des marchés financiers solides signifient un accès au financement à long terme pour les entreprises, la possibilité pour les citoyens congolais de devenir actionnaires de leur propre économie, et un outil puissant pour diversifier les sources de croissance au-delà des ressources naturelles. »

Pour le Ministre Doudou Fwamba, la création de la Bourse de Kinshasa constitue bien plus qu’un projet technique : c’est une réforme historique qui ouvre une nouvelle ère pour le pays.

«Cette avancée permettra de mobiliser davantage de capitaux, d’attirer les investisseurs, de soutenir la croissance des entreprises et de renforcer la souveraineté économique du pays. Une étape décisive vers une économie plus moderne, dynamique et compétitive », a-t-il déclaré.

Le Gouvernement envisage même d’imposer à certaines grandes entreprises (mines, télécommunications, énergie, infrastructures) de passer par le marché boursier pour leurs opérations d’augmentation ou de cession de capital. Une mesure qui vise à renforcer la transparence et à mobiliser l’épargne nationale, tout en offrant aux Congolais l’opportunité de devenir actionnaires de secteurs stratégiques.

Un processus législatif déjà bien engagé

La signature de cet accord intervient après une avancée majeure sur le plan législatif. Le projet de loi portant création du marché financier congolais et de la Bourse de Kinshasa a déjà été adopté par l’Assemblée nationale et est actuellement en examen au Sénat.

Le texte prévoit la création d’une autorité de régulation du marché, d’un dépositaire central et de banques de règlement, autant de garde-fous pour garantir la sécurité et la crédibilité des transactions.

Avec cet appui de la SFI, le gouvernement congolais espère désormais accélérer la finalisation du cadre réglementaire et des infrastructures nécessaires. La Bourse de Kinshasa est présentée comme un levier stratégique pour le financement de l’économie, l’attractivité du pays auprès des investisseurs et l’inclusion des citoyens dans le développement national.

Un pari audacieux, mais désormais solidement balisé, qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire économique de la RDC.

Francis N.

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