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Tshuapa : le VPM Daniel Mukoko défie l’enclavement pour « reconnecter » Bokungu à l’économie nationale

Après onze heures de canot rapide sur la rivière, le Vice-Premier Ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a achevé sa mission dans la Tshuapa par un constat sans appel : sans une baisse drastique des coûts logistiques, le potentiel agricole de la cuvette centrale restera une « richesse inutile ». Le Gouvernement promet un appui d’urgence aux filières maraîchères et la poursuite des travaux de l’Université locale.

Le rugissement des moteurs hors-bord a cessé, mardi, sur les rives de Bokungu, marquant la fin d’une mission économique de plusieurs jours dans la province de la Tshuapa. Daniel Mukoko Samba, Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, a bouclé ce périple par une immersion totale dans ce territoire enclavé, où la dégradation des infrastructures transforme chaque déplacement en défi et chaque produit en trésor hors de prix.

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Une « déconnexion économique » au cœur du constat

Arrivé de Boende après un éprouvant trajet de près de onze heures en canot rapide, le VPM a pu toucher du doigt la réalité du quotidien des populations : l’état d’impraticabilité avancée de la Route Nationale n°8 (RN8) et la raréfaction du trafic fluvial révèlent un isolement croissant. « Bokungu est confronté à une déconnexion économique progressive », a sobrement résumé le ministre, dressant le portrait d’une région autrefois prospère grâce au café robusta, au cacao ou à l’huile de palme, aujourd’hui coupée de ses débouchés vers Mbandaka et Kinshasa.

Face à ce constat, le message de Daniel Mukoko Samba est d’une clarté limpide : la relance ne viendra pas par la seule incitation à produire, mais par la reconquête des axes de transport. « Le problème de Bokungu, comme celui de Monkoto ou de Boende, n’est pas l’absence de potentiel. Les terres sont là, les ressources sont là, les populations sont là. Le véritable obstacle, c’est le coût exorbitant du kilomètre parcouru », a-t-il martelé, qualifiant les coûts logistiques de la région parmi «les plus élevés du continent ».

Pour le VPM, l’équation est implacable. « Pour reconnecter Bokungu à l’économie nationale, il faut d’abord réduire le coût du déplacement des personnes et des marchandises », a-t-il insisté. La flambée des prix du carburant, la vétusté des ports secondaires, les ruptures de charge multiples et les prélèvements informels plombent la compétitivité des producteurs locaux, rendant leur offre non compétitive sur les grands marchés urbains.

Cette « bataille décisive » pour désenclaver la cuvette centrale passe par une vision globale : réhabilitation des routes de desserte agricole, amélioration de la navigation fluviale et lutte contre les charges qui grèvent le prix final des denrées.

L’université en chantier et l’urgence maraîchère

Malgré ces difficultés, la délégation ministérielle a salué la résilience locale. Sur le chantier de l’Université de Bokungu, dont les travaux ont été lancés en 2025, le VPM a constaté une avancée notable, malgré les défis d’acheminement des matériaux depuis la capitale.

Au-delà des infrastructures, l’attention s’est portée sur les acteurs de terrain. Reçu par les représentantes de la Ligue des femmes et de l’Association des mamans maraîchères – qui fédère une soixantaine d’associations – le ministre a écouté leurs doléances : semences améliorées, équipements agricoles et accès au crédit. En réponse, Daniel Mukoko Samba a annoncé un appui immédiat, avec la mise à disposition de semences et de matériel de travail pour ces filières essentielles à l’autosuffisance alimentaire.

Il a également promis que l’amélioration des infrastructures de santé et le renforcement des moyens de transport figureront en tête des priorités gouvernementales pour le territoire. Les opérateurs économiques locaux, eux, ont pointé l’absence criante de services bancaires, qui asphyxie toute tentative d’investissement.

En quittant Bokungu, le VPM a emporté avec lui une certitude : la Tshuapa n’est pas une terre condamnée à la pauvreté, mais une région « en attente de connexion ». Les recommandations de cette mission de terrain seront consolidées pour donner naissance à un plan d’actions concret. « La priorité n’est pas de créer la production, mais de reconnecter la production aux marchés », a conclu Daniel Mukoko Samba, fixant ainsi le cap d’une politique économique qui entend faire des provinces enclavées les moteurs d’une croissance enfin inclusive.

Econews

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