Le Gouvernement, via le Fonds de Régulation Économique (FOREC), a lancé, lundi au Kasaï Central, un programme expérimental de multiplication des semences certifiées dans la province du Kasaï Central. Objectif : offrir aux agriculteurs des intrants de qualité, booster les rendements et poser les bases d’un modèle reproductible pour l’ensemble du pays.
C’est une petite révolution agricole qui se prépare dans le Kasaï Central. Le Ministère de l’Économie nationale, par l’intermédiaire du FOREC, a scellé, lundi dernier, un partenariat stratégique avec l’entreprise LATENBA SARL. Ensemble, ils vont expérimenter un programme pilote de multiplication semencière, destiné à offrir un accès inédit aux semences de qualité pour la campagne 2026-2027.
L’initiative, qualifiée de « pilote », a une ambition bien plus large que son périmètre géographique. Il ne s’agit pas seulement de distribuer des semences, mais d’éprouver, en conditions réelles, un modèle complet d’accompagnement : production certifiée, encadrement technique des producteurs et renforcement des capacités.
« Les enseignements tirés de cette mise en œuvre permettront d’envisager une duplication progressive dans d’autres zones de production, précise le communiqué gouvernemental. Chaque bassin agricole, avec ses spécificités agro-écologiques et logistiques, pourra ensuite bénéficier de ce schéma. »
Un double engagement public-privé
Dans ce dispositif, le FOREC endosse le rôle de chef d’orchestre financier et de garant du suivi administratif et technique. L’opérateur LATENBA SARL, lui, est sur le terrain : production, distribution et accompagnement des coopératives et organisations paysannes.
« Ce projet va offrir aux agriculteurs du Kasaï Central un meilleur accès aux semences de qualité, s’est réjoui Jean-Pierre Kanyinda, Directeur général de LATENBA SARL. C’est un levier pour accroître la production et dynamiser le commerce de proximité dans cette province qui est un véritable grenier. »
Pour garantir le succès de l’opération, le FOREC a sollicité l’expertise du Service national des semences (SENASEM). L’institut sera chargé du processus de certification, un gage de fiabilité pour les producteurs locaux qui pourront enfin compter sur des intrants conformes aux normes.
Christelle Odia Derouaux, Secrétaire Exécutive adjointe du FOREC, a insisté sur cet aspect : « La certification est la pierre angulaire de ce projet. Elle assure aux bénéficiaires que les semences distribuées sont performantes et adaptées à leurs besoins. »
Un pari sur l’avenir agricole de la RDC
Au-delà de l’opération immédiate, le gouvernement voit dans ce programme un outil de structuration des chaînes de valeur agricoles. L’objectif est clair : renforcer la résilience alimentaire, stabiliser les prix et réduire la dépendance aux importations.
En misant sur la production locale de semences certifiées, le FOREC pose une pierre supplémentaire à l’édifice de l’autosuffisance alimentaire. Si l’expérience du Kasaï Central s’avère concluante, elle pourrait bien devenir le standard d’une nouvelle politique agricole nationale, adaptée à chaque terroir et tournée vers la compétitivité durable.
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