C’est l’éternelle histoire de l’arroseur arrosé, version tragédie politique. En couvant en son sein la milice « Force du progrès », le Secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, pensait s’être doté d’un bouclier politique infaillible. Il a finalement engendré une créature hors de contrôle qui, aujourd’hui, menace de dévorer ses p=ropres géniteurs.
Le sit-in de l’opposition du 12 juin 2026 aura agi comme un puissant révélateur. En déployant ses gros bras aux côtés de la Police nationale, le parti présidentiel ne s’est pas seulement rendu coupable de complicité ; il a franchi le Rubicon de l’indécence institutionnelle. Ce jour-là, l’État congolais a officialisé, aux yeux du monde, sa sous-traitance de l’ordre public à des inciviques.
On ne pactise pas avec l’anarchie sans en payer le prix.
Aujourd’hui, l’apprenti sorcier panique. En saisissant la Cour de cassation pour tenter d’encadrer les dérives de sa propre milice, Augustin Kabuya feint de découvrir la lune. Cette opération de rattrapage judiciaire, aussi tardive que désespérée, frise le ridicule.
Comment encadrer ce qui est intrinsèquement illégal ? Comment effacer, d’un simple coup de plume juridique, des années d’exactions, de violences et d’impunité commises au nom et pour le compte du pouvoir ?
La vérité est crue : le créateur a perdu la maîtrise de sa créature. Mais que le pouvoir de Kinshasa ne s’y trompe pas : cette pirouette judiciaire ne l’exonérera en rien devant l’Histoire. Les violences de la « Force du progrès » portent la signature indélébile de l’UDPS. Il ne suffit pas de feindre de vouloir civiliser un monstre quand on l’a soi-même nourri dans l’ombre.
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