1209 21

Révision ou changement de la Constitution : Tshisekedi privilégie l’apaisement et appelle à un consensus national

Alors que le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution prend une tournure de plus en plus conflictuelle, le Président de la République, Félix Tshisekedi, choisit de se démarquer des discours de confrontation. Dans son message à la Nation à l’occasion du 66I” anniversaire de l’indépendance de la RDC, il a lancé un appel solennel au calme, à la responsabilité et au respect des institutions, rappelant que la Loi fondamentale ne saurait être modifiée dans la précipitation ni sous l’effet des passions politiques. Face à une majorité dont certains ténors militent pour un changement rapide de la Constitution et à une opposition déterminée, avec l’appui moral de l’Église catholique, à s’y opposer, le Chef de l’État a plaidé pour un débat serein, transparent et guidé exclusivement par l’intérêt supérieur de la Nation. Se présentant comme le garant de la Constitution et de la cohésion nationale, il a insisté sur son devoir « d’écouter, d’apaiser, de clarifier » et, lorsque les circonstances l’exigent, « de rechercher les voies d’un consensus national responsable ». À travers cette prise de position, Félix Tshisekedi envoie également un message à sa propre famille politique. Son appel à la modération apparaît comme une invitation adressée aux cadres de l’UDPS et de l’Union sacrée à renoncer à toute logique de passage en force et à privilégier le dialogue. 

Alors que la majorité au pouvoir rêve d’un passage en force et que l’opposition, soutenue par l’Église catholique, promet une résistance farouche, le Président Félix Tshisekedi a surpris son monde. Dans son message à la Nation à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance, le Chef de l’État a choisi la voie de l’apaisement plutôt que celle de l’affrontement. Sans enterrer le débat sur la Constitution, il en a posé les règles : sérénité, rigueur, transparence et, surtout, consensus national. Un coup de frein clairement adressé à ses propres troupes, qui brûlaient déjà les étapes.

Le débat sur la Constitution menace-t-il de mettre le feu au pays ? C’est en tout cas le risque que le Président de la République, Félix Tshisekedi, a visiblement voulu conjurer, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC.

Alors que la majorité présidentielle, emmenée par l’UDPS et l’Union sacrée de la Nation, semblait prête à jouer le bras de fer avec l’opposition, le Chef de l’État a choisi de calmer le jeu. Un message à double détente : il ne renonce pas au débat, mais il en exige les formes et la dignité.

«La Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un objet de convenance », a-t-il martelé. Une manière élégante de rappeler que la Loi fondamentale ne saurait être révisée dans la précipitation ou sous la pression des passions. Et d’ajouter, comme une évidence : «En débattre exige donc sérénité, rigueur, transparence et sens élevé de l’intérêt général. »

Un Président en équilibriste

Mais derrière les mots solennels, c’est une véritable position d’équilibre que tente le Chef de l’État. D’un côté, une aile dure de sa propre majorité qui pousse à un changement constitutionnel rapide, quitte à passer en force. De l’autre, une opposition ragaillardie par le soutien moral de l’Église catholique, bien décidée à « barrer la route » à ce qu’elle considère comme un danger pour la démocratie.

Félix Tshisekedi, lui, ne dit ni oui ni non. Il pose les jalons d’une approche plus consensuelle : « Ma responsabilité, comme Chef de l’État et garant de la Nation, est de veiller à ce que les débats engageant l’avenir du pays se tiennent dans le respect de la Constitution, de l’État de droit, des institutions et de la souveraineté populaire. »

La formule est habile. Elle renvoie dos à dos les partisans du changement précipité et ceux du statu quo. Mais elle est surtout un message adressé à ses propres troupes, parfois trop ardentes à défendre une réforme qui ne fait pas l’unanimité.

La balle dans le camp du président

L’analyste indépendant Omer Nsongo die Lema, dans sa dernière livraison des « Balises », a parfaitement résumé la situation : « Monsieur le Président, svp !, faites modérer par les vôtres ce débat malsain et toxique autour de la Constitution ! »

Un cri d’alarme que partagent de nombreux observateurs. Car, si le Chef de l’État appelle au calme et au consensus, ce sont bien ses soutiens qui attisent les braises, en agitant la menace d’un passage en force. Dès lors, comme le souligne Nsongo die Lema, la balle est dans son camp.

«Maintenant que Félix Tshisekedi joue la carte de l’apaisement et redonne à la Loi fondamentale son primat sur tout, la balle est d’abord dans son camp qu’ailleurs », écrit-il. « Son camp comprend, d’un côté, l’ordre institutionnel dont il est, en tant que personne morale, la première institution aux termes de l’article 69 de la Constitution et, de l’autre, sa famille politique bipolaire ‘UDPS-USN’.»

Autrement dit, le Chef de l’État ne peut plus se contenter d’appeler à la sagesse : il doit la faire respecter, y compris au sein de sa propre majorité. Car c’est bien dans le camp présidentiel que les plus ardents défenseurs du changement constitutionnel se préparent, semble-t-il, à brûler les étapes.

Un appel au calme qui interroge

L’opposition, elle, a vu dans ce message une forme de recul, ou du moins une invitation au dialogue qu’elle entend saisir. « Il a compris que le pays ne peut pas brûler pour une réforme personnelle », confie un responsable de l’opposition, sous couvert d’anonymat.

Reste à savoir si l’appel présidentiel suffira à désamorcer la poudrière. Car, si Félix Tshisekedi joue la carte de l’apaisement, ses partisans, eux, semblent encore hésiter entre la discipline et l’offensive. À lui de trancher, et de montrer que le consensus qu’il appelle de ses vœux n’est pas un simple vœu pieux, mais une ligne politique claire.

Le temps des déclarations est passé. Celui des actes commence. Et la balle est bien, désormais, dans le camp du Chef de l’État.

Lire en pages 6 et 7, l’intégralité du message du Chef de l’Etat à l’occasion de 66 ans d’indépendance de la RDC.

Econews

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *