L’Inspection générale des finances (IGF) a officiellement ouvert ce mercredi un séminaire de deux jours destiné à associer étroitement les dirigeants des entreprises publiques à la réussite de son Plan stratégique triennal 2026-2028. Bien loin d’une logique de surveillance punitive, cette rencontre inédite, qui réunit les Présidents des Conseils d’administration et Directeurs généraux autour du thème « Vers un contrôle moderne, préventif et systémique », incarne un véritable changement de paradigme. La pierre angulaire de cette réforme réside dans l’adoption du contrôle systémique, une approche intégrée qui, grâce à l’analyse des risques et à la digitalisation, vise à traiter les causes profondes des dysfonctionnements plutôt que de simples symptômes. En tendant la main aux mandataires publics, l’IGF, sous la houlette de Christophe Bitasimwa Bahii, son Chef de service, les positionne comme des partenaires essentiels d’une gestion proactive, où le contrôle devient un outil d’accompagnement pour renforcer la transparence, la compétitivité et la création de valeur au service de l’intérêt général et du développement durable de la RDC.
L’Inspection générale des finances (IGF) a officiellement lancé, le mercredi 15 juillet 2026, un séminaire de deux jours consacré à la vulgarisation de son Plan stratégique triennal 2026-2028. Organisée dans la salle Legay de la Galerie La Fontaine, à Kinshasa, cette rencontre rassemble les présidents des Conseils d’administration (PCA), Directeurs généraux (DG) ainsi que les autres mandataires des entreprises et établissements publics autour du thème : « Le Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’IGF : vers un contrôle moderne, préventif et systémique au service de la bonne gouvernance des entreprises et établissements publics ».
À travers cette initiative, l’Inspection générale des finances entend faire partager sa nouvelle vision du contrôle public, résolument tournée vers la prévention des risques, l’amélioration de la performance, la transparence et la création de valeur au sein des entreprises et établissements publics, véritables piliers du développement économique et social de la République démocratique du Congo. À travers son Plan stratégique triennal 2026-2028, l’IGF ambitionne de faire évoluer le contrôle d’une logique essentiellement répressive vers une approche plus moderne, proactive et systémique, capable d’accompagner les gestionnaires publics dans l’amélioration de leur gouvernance. L’objectif est de promouvoir une culture de responsabilité, d’efficacité et de redevabilité, afin de renforcer durablement la qualité de la gestion des ressources publiques, d’accroître la confiance des citoyens dans les institutions de l’État et de contribuer à l’émergence d’entreprises publiques performantes, compétitives et créatrices de richesse au service de l’intérêt général.

Une nouvelle vision pour transformer le contrôle public
Dans son allocution d’ouverture, l’Inspecteur général des finances – Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a présenté les grandes orientations du nouveau Plan stratégique triennal, qu’il qualifie de feuille de route destinée à moderniser en profondeur les mécanismes de contrôle des finances publiques.
Selon lui, les mutations technologiques, l’évolution des modes de gestion et les exigences accrues en matière de transparence imposent aujourd’hui une transformation des méthodes de contrôle. « Le monde dans lequel nous exerçons nos missions n’est plus celui d’hier », a-t-il déclaré devant les mandataires publics, estimant que les approches traditionnelles ne suffisent plus pour répondre aux défis d’une administration de plus en plus numérisée.
Le Chef de service a rappelé que les entreprises et établissements publics occupent une place stratégique dans l’économie nationale. Présents dans des secteurs clés tels que l’énergie, les transports, les infrastructures, les télécommunications ou encore les services sociaux, ils influencent directement la qualité des services rendus à la population, la mobilisation des recettes publiques, la stabilité financière de l’État et la croissance économique.
À ce titre, ils sont désormais appelés non seulement à assurer la continuité du service public, mais aussi à conjuguer efficacité économique, discipline budgétaire, innovation, intégrité, transparence et création de valeur publique.
Christophe Bitasimwa Bahii a souligné que cette réforme s’inscrit dans les meilleures pratiques internationales, notamment celles promues par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI).
Ces organisations encouragent les institutions de contrôle à dépasser leur rôle traditionnel de vérification pour devenir de véritables partenaires de la bonne gouvernance, de la performance publique et de la création de valeur au bénéfice des citoyens.
Le contrôle systémique, pierre angulaire du Plan stratégique 2026-2028
L’une des principales innovations du Plan stratégique 2026-2028 réside dans l’adoption du concept de contrôle systémique, présenté comme le socle de la nouvelle approche de l’IGF.
Le Chef de service a tenu à préciser que ce mécanisme ne constitue pas une nouvelle catégorie juridique de contrôle appelée à remplacer les contrôles a priori, concomitant ou a posteriori. Il s’agit plutôt d’une nouvelle manière d’exercer ces différents contrôles en s’appuyant sur une approche intégrée fondée sur l’analyse des risques, l’exploitation intelligente des données, l’interconnexion des systèmes d’information, les nouvelles technologies ainsi que le suivi continu des recommandations.
L’objectif est de dépasser la simple constatation des irrégularités pour identifier les causes structurelles des dysfonctionnements, corriger les faiblesses des systèmes de gestion et prévenir durablement leur réapparition. « L’ambition n’est pas de produire davantage de rapports, mais davantage de résultats », a insisté Christophe Bitasimwa Bahii.

La digitalisation au cœur de la réforme
La transition numérique constitue l’un des piliers majeurs de cette nouvelle stratégie.
Pour l’Inspecteur général des finances – Chef de service, la digitalisation représente aujourd’hui un levier indispensable pour renforcer la transparence, assurer la traçabilité des opérations financières, réduire les risques de fraude et améliorer l’efficacité des dispositifs de contrôle interne.
Il est allé jusqu’à affirmer que toute résistance à la digitalisation pourrait être interprétée comme une volonté de maintenir des zones d’opacité dans la gestion publique.
À terme, l’IGF ambitionne de connecter ses services aux systèmes d’information des entreprises et établissements publics afin de réaliser un contrôle permanent, à distance et en temps réel. Les missions physiques sur le terrain ne seraient déclenchées qu’en cas d’anomalies significatives détectées par les outils numériques, permettant ainsi de passer d’un contrôle systématique à un contrôle ciblé, fondé sur les risques.
Tout en saluant les résultats obtenus grâce aux méthodes classiques de contrôle dans la protection des finances publiques, Christophe Bitasimwa Bahii a reconnu que plusieurs défis continuent de fragiliser la gouvernance des entreprises publiques. Il a notamment cité la faible digitalisation des procédures, les insuffisances des mécanismes de contrôle interne, les faiblesses des systèmes d’audit interne ainsi que les limites des dispositifs de prévention et de lutte contre la corruption.
Selon lui, ces difficultés ne traduisent pas un échec du contrôle traditionnel, mais démontrent la nécessité d’adapter les méthodes de contrôle à un environnement devenu plus complexe, plus connecté et davantage exposé aux risques.
Les travaux de cette première journée ont également été marqués par plusieurs communications de haut niveau.
Le président du Conseil supérieur du portefeuille (CSP), Norbert Nkulu, a dressé un état des lieux de la situation financière, opérationnelle et managériale des entreprises du portefeuille de l’État. Il a plaidé pour une rupture avec les anciennes pratiques de gestion afin d’améliorer durablement leur compétitivité et leurs performances.
Pour sa part, le secrétaire exécutif du Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille de l’État (COPIREP), Alex Nkusu, a présenté les avancées enregistrées dans le processus de réforme des entreprises publiques, tout en reconnaissant que plusieurs défis demeurent pour assurer la pleine réussite des transformations engagées.
Faire du Plan stratégique un véritable outil de transformation
En clôturant cette première journée, Christophe Bitasimwa Bahii a réaffirmé sa volonté de faire du Plan stratégique triennal 2026-2028 bien plus qu’un simple document administratif.
Selon lui, cette feuille de route doit devenir un véritable instrument de transformation de la gouvernance publique, capable d’améliorer durablement la performance des entreprises publiques, de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et de consolider la confiance des citoyens envers les institutions de l’État.
À travers ce séminaire, l’IGF invite ainsi les mandataires publics à s’approprier pleinement cette nouvelle vision afin de bâtir une administration plus efficace, plus responsable et davantage orientée vers les résultats.
En plaçant le contrôle systémique, la prévention des risques, la digitalisation et la gouvernance au cœur de son action, l’Inspection générale des finances affiche une ambition claire : faire du contrôle public un véritable levier de performance, de transparence et de développement durable au service de la République Démocratique du Congo.
Benny Lutaladio


