
À moins de quatre semaines de l’expiration du mandat de la MINURSO, le Conseil de sécurité entre cette semaine dans la phase la plus concrète de l’examen du dossier du Sahara. Deux rendez-vous sont programmés les 7 et 8 octobre : le premier avec les pays contributeurs de la mission, le second en consultations à huis clos avec les membres du Conseil.
Ces deux échéances devraient permettre de mesurer l’état du processus politique et de faire émerger les premières lignes de force du texte qui sera soumis au vote avant le 31 octobre.
Le 7 octobre, le terrain au premier plan
Le premier rendez-vous doit réunir les membres du Conseil de sécurité et les pays qui fournissent des contingents à la MINURSO. Le représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara et chef de la mission, Alexander Ivanko, doit participer à cette réunion.
Cette étape sera l’occasion pour les membres du Conseil d’obtenir un état des lieux du fonctionnement de la mission sur le terrain, de ses conditions d’action, de la situation sécuritaire et des difficultés rencontrées dans l’accomplissement de son mandat.
Le rendez-vous du 7 octobre ne devrait toutefois pas encore constituer le cœur de la discussion sur le futur texte. Il s’agit d’abord d’une étape consacrée à la situation opérationnelle de la MINURSO, avant l’examen politique plus large du dossier.
Ce que les membres du Conseil vont chercher à mesurer
La question centrale sera de savoir dans quelle mesure la mission peut continuer à fonctionner dans son cadre actuel et si son environnement opérationnel justifie une reconduction à l’identique ou des ajustements.
Le mandat actuel arrive à échéance le 31 octobre 2026. Adoptée un an plus tôt, la résolution 2797 avait prolongé la mission pour douze mois sans modifier son mandat ni sa composition, tout en demandant une réflexion stratégique sur son avenir. Cette fois, le Conseil dispose donc d’un élément supplémentaire : une année de discussions diplomatiques et de nouveaux échanges menés sous l’égide de Staffan de Mistura.
Pour le Maroc, l’attention portera notamment sur la manière dont les membres du Conseil articulent le fonctionnement de la MINURSO avec le processus politique désormais engagé autour du cadre fixé par la résolution 2797.
Le 8 octobre, le véritable rendez-vous politique
C’est surtout le lendemain que les regards devraient se tourner vers l’évolution du dossier.
Le Conseil de sécurité doit tenir des consultations à huis clos consacrées à la MINURSO et à la situation au Sahara. Alexander Ivanko et Staffan de Mistura, envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara, sont attendus pour faire le point devant les membres du Conseil.
Le briefing de de Mistura sera particulièrement suivi. Depuis sa prise de fonction, l’envoyé personnel a multiplié les consultations avec les différentes parties et avec plusieurs capitales influentes. Les membres du Conseil chercheront désormais à savoir si ces démarches ont permis de réduire les divergences ou si les positions restent profondément éloignées.
La question est d’autant plus importante que le prochain renouvellement de la MINURSO intervient après une résolution qui avait marqué une évolution notable du langage du Conseil.
Le précédent de la résolution 2797 au centre des discussions
Adoptée le 31 octobre 2025, la résolution 2797 avait renouvelé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et appelé les parties à avancer vers une solution politique en prenant comme base la proposition marocaine d’autonomie.
Un an plus tard, c’est donc ce cadre qui sert de point de départ aux discussions. L’enjeu du mois d’octobre ne sera pas uniquement de savoir si la MINURSO sera reconduite. Il faudra surtout observer dans quelles conditions et avec quel langage.
La formulation de la prochaine résolution permettra de mesurer la place accordée au processus politique, à la proposition marocaine d’autonomie et au rôle confié à l’envoyé personnel du Secrétaire général.
Washington, acteur central de la prochaine résolution
Les États-Unis seront particulièrement observés dans cette nouvelle phase. Washington est le penholder du dossier au Conseil de sécurité, ce qui lui confère un rôle central dans la préparation du projet de résolution.
La position américaine avait été particulièrement visible lors de l’adoption de la résolution 2797. Les États-Unis avaient alors appelé les parties à engager des discussions sérieuses en s’appuyant sur la proposition marocaine d’autonomie.
Depuis, Washington a continué à entretenir des contacts avec Rabat et avec le Polisario.
La récente rencontre entre Mike Waltz et une délégation du Polisario à New York donne à cette séquence un relief supplémentaire. Le diplomate américain a insisté sur l’urgence de parvenir à une solution, tout en continuant à dialoguer avec le mouvement séparatiste. Les prochaines déclarations américaines permettront donc de mieux cerner la direction que pourrait prendre le futur texte.
Alger et le Polisario face à un cadre qui a évolué
L’autre inconnue concerne la réaction de l’Algérie et du Polisario au cadre établi par le Conseil en 2025. La résolution 2797 avait été adoptée avec 11 voix pour, aucune contre et trois abstentions, tandis que l’Algérie n’avait pas participé au vote.
Depuis, Rabat défend toujours l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seule base de règlement, alors que le polisario continue de réclamer une solution fondée sur le droit à l’autodétermination.
Les consultations du 8 octobre devraient permettre de mesurer la manière dont ces positions sont perçues par les différents membres du Conseil et, surtout, si un compromis sur le langage du prochain texte paraît envisageable.
Ce qui pourrait se jouer après le 8 octobre
Les réunions des 7 et 8 octobre ne déboucheront pas nécessairement sur une décision immédiate. Elles devraient en revanche ouvrir la séquence de négociation du prochain projet de résolution. Les membres du Conseil devront ensuite s’entendre sur la durée du nouveau mandat de la MINURSO, sur son contenu et sur les références au processus politique.
C’est à ce moment que les formulations deviendront particulièrement importantes. Une reconduction d’un an, une prorogation plus courte ou un mandat assorti de nouvelles orientations ne produiraient pas exactement le même signal politique.
De la même manière, le maintien, le renforcement ou l’atténuation de certaines références introduites dans la résolution 2797 permettrait de mesurer l’évolution du rapport de force diplomatique au sein du Conseil.
Le calendrier est désormais clairement établi : 7 octobre, la MINURSO et ses pays contributeurs ; 8 octobre, consultations politiques au Conseil ; 31 octobre, expiration du mandat actuel.
Entre ces trois dates se jouera une partie importante de la prochaine étape diplomatique.
Pour Rabat, l’enjeu sera notamment de préserver le cadre politique installé en 2025 et de voir comment il sera traduit dans le prochain texte.
Pour Washington, il s’agira de transformer son implication diplomatique en projet de résolution capable de recueillir un large soutien.
Pour l’Algérie et le polisario, la question sera de savoir comment ils entendent se positionner face à un cadre de négociation qui a évolué depuis un an.
Avec Hespress


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