Seize banques, seize microfinances : la carte d’un secteur financier en recomposition (Par Jerry Bossa*)

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Les registres de la Banque centrale révèlent un paysage paradoxal : plus de banques radiées que de banques en activité, une microfinance décimée et des messageries financières plus nombreuses que les établissements bancaires.

Consultés le 15 octobre 2026, les registres des intermédiaires financiers de la Banque Centrale du Congo dressent un portrait instructif du secteur. La RDC compte 16 banques agréées, alors que 19 établissements bancaires ont été radiés au fil des années. Le dernier agrément bancaire cité remonte à une lettre du Gouvernement du 28 avril 2023, au profit de CRDB Bank.

Une microfinance décimée

Le constat est plus frappant encore pour la microfinance : 16 sociétés agréées, mais 25 radiées, soit 61 % des 41 établissements recensés. Le secteur compte par ailleurs 88 coopératives d’épargne et de crédit, 67 bureaux de change, 71 messageries financières, 48 prestataires de services connexes et 4 établissements de monnaie électronique, dont aucun n’a été agréé depuis 2015 selon les dates affichées.

Ces chiffres décrivent une architecture déséquilibrée. Quelques banques concentrent l’essentiel des 20,8 milliards de dollars de dépôts enregistrés en août 2026, dont 87,6 % en devises. Autour d’elles gravite une multitude de petits acteurs. Que les messageries financières soient plus nombreuses que les banques souligne le poids des transferts réalisés hors du système bancaire classique.

Un outil de vigilance

Ces registres ne sont pas qu’une curiosité statistique. Ils sont un outil de gestion des risques. Dans un environnement où la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme se renforce, une entreprise doit pouvoir démontrer qu’elle traite avec des intermédiaires agréés. Déposer des fonds auprès d’une microfinance radiée, ou faire transiter des paiements par une messagerie non autorisée, expose à un risque de perte et à un risque de conformité.

La vérification de l’agrément d’un partenaire financier, banque, microfinance, coopérative, bureau de change ou messagerie, devrait donc figurer dans toute procédure de connaissance des contreparties. Les registres de la BCC sont publics; leur consultation ne coûte rien.

Reste une question pour le régulateur : le taux de radiation élevé de la microfinance reflète-t-il un assainissement salutaire ou la fragilité d’un modèle ? La réponse conditionne l’inclusion financière, qui reste l’un des grands défis de la politique monétaire congolaise.

(*) Fiscaliste et Conseiller en finances publiques et internationales

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