
Face à l’envolée du prix de la farine de maïs, qui a fait grimper la mesurette « méka » jusqu’à 5.000 francs congolais sur certains marchés, le Gouvernement central passe à l’offensive pour soulager les ménages du Kasaï Oriental. À travers le Fonds de régulation économique (FOREC), une opération d’approvisionnement en farine subventionnée est lancée à Mbuji-Mayi, avec un objectif de 2.500 tonnes par mois. Un premier lot de plus de 7.500 sacs est déjà arrivé sur place et se vend à 20.000 francs congolais le sac de 25 kg. Une intervention destinée à desserrer l’étau sur le pouvoir d’achat, particulièrement éprouvé à l’approche de la période de soudure.
À Mbuji-Mayi, la flambée du prix de la farine de maïs a fini par déclencher une réponse du Gouvernement central. Denrée essentielle dans l’alimentation des ménages, cette céréale est devenue plus difficile d’accès pour de nombreuses familles, confrontées à une hausse brutale des prix sur les marchés locaux.
La mesurette, communément appelée « méka », qui se négociait auparavant entre 2.500 et 3.000 francs congolais, a atteint 5.000 francs sur certains marchés. Une évolution préoccupante qui a alerté les autorités économiques et placé l’approvisionnement de la capitale du Kasaï Oriental au cœur des priorités.
C’est le dispositif TALO, outil de suivi des prix du ministère de l’Économie nationale, qui a permis de relever cette hausse. À la suite de ces alertes, le Gouvernement, conformément aux instructions du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a décidé d’intervenir pour renforcer l’offre et contribuer à la stabilisation du marché.
Le FOREC mobilisé pour renforcer l’offre
Pour concrétiser cette réponse, le Fonds de régulation économique (FOREC) a conclu, le 8 octobre 2026, un accord d’approvisionnement avec des industriels locaux de transformation. L’objectif est ambitieux : mettre progressivement à la disposition du marché du Kasaï Oriental 2.500 tonnes de farine de maïs par mois, afin de répondre aux besoins des ménages, notamment durant la période de soudure.
Un premier signal a été donné le 22 octobre, avec l’arrivée à Mbuji-Mayi de plus de 7.500 sacs de farine, acheminés par cinq camions. Deux jours plus tard, le samedi 24 octobre, la commercialisation a officiellement débuté dans les points de vente prévus à cet effet.
Le prix fixé est de 20.000 francs congolais pour un sac de 25 kg, dans le cadre de cette opération de subvention. À travers ce dispositif, les autorités entendent accroître la disponibilité de cette denrée de première nécessité et atténuer la pression exercée par la hausse des prix sur le budget des familles.
Stabiliser les prix, empêcher la spéculation

Les premières observations font état d’une accalmie des prix sur le marché de Mbuji-Mayi depuis l’arrivée de cette nouvelle offre. Mais l’enjeu ne se limite pas à l’acheminement des stocks : encore faut-il que la farine subventionnée parvienne effectivement aux consommateurs au prix annoncé.
Les autorités provinciales ont ainsi été appelées à veiller au respect du tarif fixé et à prévenir les pratiques spéculatives susceptibles de détourner l’opération de son objectif social.
De nouveaux points de vente doivent également ouvrir à travers la ville pour rapprocher le produit des consommateurs, tandis que d’autres livraisons sont annoncées afin de renforcer les stocks et d’assurer la continuité de l’approvisionnement.
Le pouvoir d’achat à l’épreuve des résultats
Avec cette intervention, le Gouvernement entend démontrer que la régulation économique peut apporter une réponse concrète aux tensions qui affectent les marchés locaux. Pour les ménages de Mbuji-Mayi, l’enjeu est immédiat : pouvoir accéder à une denrée indispensable sans voir leur budget alimentaire davantage amputé.
Toutefois, l’efficacité de cette mesure se jugera sur la durée : la régularité des livraisons, le respect du prix subventionné, l’accessibilité des points de vente et l’évolution réelle des prix sur les marchés ordinaires.
Au-delà des annonces et des premiers camions livrés, le véritable défi sera de faire de cette subvention un soulagement durable pour les familles du Kasaï Oriental, et non une accalmie passagère face à la cherté de la vie.
Econews


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