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1,9 million USD saisis à l’aéro N’djili : Guillaume Ngefa impose la loi et verrouille toute tentative de détournement

Face aux manœuvres suspectes autour des 1,9 million de dollars US interceptés à l’aéroport international de N’djili, le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a haussé le ton et exigé une riposte judiciaire immédiate. Dans une injonction ferme adressée au Procureur général près la Cour de cassation, il ordonne la sécurisation stricte des fonds, leur consignation à la Banque centrale du Congo et l’ouverture d’une enquête approfondie. Par cet acte d’autorité, le Garde des sceaux entend couper court aux réseaux mafieux et réaffirmer la primauté de la loi, plaçant la crédibilité des institutions au cœur de son action.

Dans le silence des cabinets ministériels, loin des postures et des effets d’annonce, le Garde des sceaux Guillaume Ngefa avance. Sans fracas, mais avec une détermination qui finit par déplacer des montagnes.

Après avoir réussi l’exploit politique de réconcilier les ailes dissidentes de la communauté musulmane en RDC, le voici qui s’attaque à un monstre autrement plus discret, mais tout aussi menaçant : les réseaux maffieux qui, dans l’ombre, se partagent les dépouilles de l’État. L’affaire des 1,9 million de dollars saisis ce dimanche 22 mars à l’aéroport international de N’Djili aurait pu être une énième affaire d’argent sale engloutie dans les oubliettes de la complicité. Elle est devenue, grâce à l’intervention musclée du Ministre d’État, un test de crédibilité pour l’institution judiciaire tout entière.

Dès que l’information lui est remontée, Guillaume Ngefa a choisi la manière forte : celle de la loi, appliquée sans faiblesse.

Pression sur le PG Mvonde

Dans une correspondance adressée au Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, le ton est celui d’un homme qui ne tolère pas que l’on joue avec les institutions.

Dans une correspondance adressée au Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, le MinEtat Ngefa l’enjoint de faire toute la lumière sur cette lumière.

Le ton est dur : « Il m’est revenu, avec la plus grande gravité, qu’une somme d’environ 1 900 000 dollars américains (un million neuf cents mille dollars américains) a été interceptée ce dimanche 22 mars à l’aéroport international de N’djili par les services compétents, et que des intentions de manipulation irrégulière, voire de partage de ces fonds, seraient envisagées, en violation manifeste des lois de la République. De tels agissements sont susceptibles de constituer des infractions pénales graves, notamment de détournement de biens saisis, de corruption, d’entrave au bon fonctionnement de la justice, ainsi que des infractions liées au blanchiment de capitaux, engageant la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs ».

Et le MinEtat n’y va par quatre chemins : « En conséquence, en ma qualité de Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, j’enjoins formellement, avec effet immédiat et sans aucune exception, de procéder à la saisie régulière et intégrale des fonds, à leur mise sous scellés en présence des officiers de police judiciaire compétents, ainsi qu’à l’établissement sans délai d’un procès-verbal détaillé et contradictoire retraçant l’ensemble des circonstances de l’interception, l’identification complète de la personne concernée ainsi que celle des agents intervenants ».

Légaliste, le Garde des sceaux rappelle les dispositions légales y afférentes : « Aux termes de l’article 25 de la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les fonds saisis doivent impérativement être consignés à la Banque Centrale du Congo et les procès-verbaux de saisie transmis sans délai à la CENAREF ».

Mettant le PG Mvonde devant ses responsabilités, il lui fait signifier qu’« il vous appartient de veiller à la stricte application de cette disposition légale. Je vous enjoins en outre de garantir la saisine immédiate du Parquet compétent, l’ouverture d’une procédure judiciaire, ainsi que la conduite d’une enquête approfondie visant à déterminer l’origine des fonds, à qualifier juridiquement les faits et à identifier l’ensemble des responsabilités pénales éventuelles ».

Parce que la loi devra s’imposer dans toute sa rigueur, le MinEtat Ngefa tape du poing sur la table : « Il est strictement interdit à tout agent ou responsable, à quelque niveau que ce soit, de manipuler, distraire ou disposer de ces fonds en dehors du cadre légal ; toute tentative en ce sens devra être immédiatement constatée et poursuivie avec la plus grande rigueur ».

Promettant de suivre à pas réel le déroulement de l’enquête, il oblige le PG près la Cour de cassation de lui «tenir informé, sans délai, de toutes les diligences entreprises et des suites judiciaires réservées à cette affaire qui revêt un caractère de haute sensibilité pour l’ordre public et la crédibilité des institutions ».

Econews