Une alerte préoccupante sur la désinformation vient d’être lancée par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), à l’issue d’un atelier de formation organisé à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Selon des études relayées par le porte-parole de la MONUSCO dans cette région, 90 % des informations circulant sur les réseaux sociaux seraient fausses.
« Nonante pourcent (90 %) de ce qui circule dans les réseaux sociaux, d’après des études, sont des faussetés. Ce sont des rumeurs, de fausses informations. Mais que les gens prennent pour des paroles bibliques ! », a déclaré Jean-Tobie Okala, responsable de l’information publique de la MONUSCO/Ituri, devant une quarantaine de jeunes filles réunies pour une session de sensibilisation sur les méfaits de la désinformation.
L’objectif de cet atelier : éveiller la conscience des jeunes utilisatrices des réseaux sociaux face aux dangers de la désinformation. Ces jeunes participantes ont été appelées à devenir des ambassadrices de la vérification de l’information au sein de leurs communautés. « En tant qu’utilisatrices premières des réseaux sociaux, nous leur avons confié la mission d’aller sensibiliser la communauté, leurs associations, leurs camarades, qui n’ont pas eu la chance d’être avec elles aujourd’hui », a ajouté Jean-Tobie Okala.
Le porte-parole a également insisté sur la responsabilité individuelle dans la lutte contre la propagation des fausses nouvelles :
« Il faut que les gens se réveillent. Ils font partie de cette longue chaîne de la désinformation. Si chacun, à son niveau, accepte de couper, ne serait-ce qu’un petit centimètre, je pense que les gens peuvent respirer. »
Selon la MONUSCO, les jeunes représentent les plus grands consommateurs de contenus sur les réseaux sociaux, mais très peu mesurent les conséquences parfois dramatiques de ce qu’ils relaient. « Les conséquences de la désinformation sont réelles. Il y a des gens qui perdent bêtement leur vie parce qu’ils n’ont pas eu ce recul qu’on leur demande d’avoir à chaque fois qu’ils reçoivent une vidéo, une information, quelle qu’elle soit, qui met en danger une institution, un individu », a-t-il conclu.
Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions entreprises par la MONUSCO pour renforcer la résilience des communautés face aux manipulations numériques, dans une région où les conflits sont souvent exacerbés par des rumeurs et des informations non vérifiées.
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