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Souveraineté monétaire

L’heure n’est plus aux théories de laboratoire ni aux incantations bureaucratiques depuis le sommet de la tour de marbre du boulevard Tshatsi. En s’exposant au feu des projecteurs lors du briefing hebdomadaire, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, a brisé une tradition de silence pour instaurer une vérité fondamentale : la monnaie d’un pays est avant tout le reflet de la confiance que lui porte son peuple.

Le constat est clair et les chiffres plaident en faveur de la nouvelle gestion : une croissance robuste de 5,8% pour 2025, une inflation domptée et des réserves de change historiquement consolidées. Pourtant, l’innovation majeure d’André Wameso ne réside pas seulement dans ces indicateurs macroéconomiques, mais dans son approche sociologique de la finance.

En affirmant que « les véritables acteurs de la stabilité du Franc congolais est le Congolais lui-même », le Gouverneur signe la fin de l’ère de la passivité.

Il ne s’agit plus de subir le taux de change comme une fatalité climatique, mais de devenir l’architecte de la valeur de sa propre monnaie. L’appel à l’épargne en Francs Congolais n’est pas qu’une recommandation technique ; c’est un acte de patriotisme économique.

La méthode Wameso se distingue par deux piliers essentiels

La transparence : contrairement à une certaine orthodoxie passée qui cultivait le mystère, l’actuel Gouverneur mise sur la pédagogie. Reconnaître les risques de chocs exogènes tout en affichant une détermination de fer face à l’inflation permet de rassurer les opérateurs économiques.

Le pragmatisme sur la dédollarisation : loin de tout populisme financier, André Wameso refuse les ruptures brutales. En précisant qu’il n’y aura pas de « suppression » arbitraire du dollar d’ici 2027, il rassure les marchés tout en installant un processus de transition durable. La stabilité ne se décrète pas, elle se construit par l’adhésion.

Le défi est lancé. Pour que la stabilité retrouvée ne soit pas une simple parenthèse enchantée, elle doit s’enraciner dans les habitudes de consommation et d’épargne de chaque citoyen.

Cette ambition, portée par l’équipe Wameso, exige un contrat de confiance renouvelé entre l’Institut d’émission et la population.

Si la BCC garde le cap malgré les tensions mondiales, c’est désormais au tour des Congolais de s’approprier leur monnaie pour en faire le levier de leur propre émergence.

L’édifice est solide, les fondations sont posées. Il ne reste plus qu’à transformer cette volonté institutionnelle en un réflexe national : le Franc congolais comme premier choix, et le développement comme unique horizon.

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