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Franc congolais : André Wameso appelle chaque citoyen à devenir le gardien de la stabilité monétaire

Contrairement à son prédécesseur, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a choisi de sortir des murs du boulevard Tshatsi pour aller à la rencontre de la population. Homme de terrain et technicien financier, il a livré mardi un briefing sans filtre devant la presse, aux côtés du Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe. Se félicitant d’une croissance à 5,8 % fin 2025, d’une inflation en recul et de réserves de change consolidées, André Wameso a néanmoins martelé un message clair : la lutte contre l’inflation et la stabilité des prix passent avant tout par l’adhésion de chaque Congolais. « Les véritables acteurs de la stabilité du franc congolais, c’est le Congolais lui-même – s’il utilise le franc pour l’épargne », a-t-il affirmé, en appelant à une confiance renouvelée dans la monnaie nationale. Sans céder aux sirènes d’une dédollarisation brutale – il écarte toute suppression du dollar en 2027 – le Gouverneur reste focalisé sur son unique priorité : maîtriser l’inflation et préserver la stabilité retrouvée, face au seul risque redouté : les chocs exogènes. Un premier grand oral réussi, qui devra désormais résister aux épreuves du terrain.

Le ton est donné, et il tranche avec les habitudes feutrées de la technocratie monétaire. À la tête de la Banque Centrale du Congo, le Gouverneur André Wameso impose un style : direct, pédagogique et résolument tourné vers la population. Loin des cercles fermés, il choisit d’ouvrir le débat et de responsabiliser les Congolais dans la bataille pour la stabilité du franc congolais.

Lors d’un briefing stratégique animé sous la modération du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, le nouveau patron de la BCC a posé les bases d’une vision ambitieuse : faire de chaque citoyen un acteur central de la politique monétaire.

Une stabilité acquise, mais à défendre collectivement

Les indicateurs sont au vert. Croissance estimée à 5,8 % en 2025, inflation maîtrisée, réserves de change consolidées : la RDC affiche des fondamentaux économiques en nette amélioration. Une performance que la BCC revendique, mais qu’elle refuse de considérer comme acquise.

Pour André Wameso, l’enjeu est désormais clair : préserver cette stabilité et la transformer en levier durable de confiance. Et pour y parvenir, il change de paradigme.

« Les véritables acteurs de la stabilité du franc congolais, c’est le Congolais lui-même », martèle-t-il, en appelant à une appropriation citoyenne de la monnaie nationale, notamment à travers l’épargne en francs congolais.

La bataille de la confiance monétaire

Au cœur de cette stratégie, une conviction forte : la stabilité monétaire ne se décrète pas uniquement dans les bureaux de la Banque centrale, elle se construit dans les comportements quotidiens.

En incitant les citoyens à utiliser davantage le franc congolais dans leurs transactions et leur épargne, la BCC cherche à enclencher un cercle vertueux : renforcer la demande de la monnaie nationale, réduire la dépendance au dollar et consolider la souveraineté économique.

Contrairement aux discours alarmistes, André Wameso se veut rassurant sur la dédollarisation : il ne s’agit pas d’une rupture brutale, mais d’un processus progressif et maîtrisé. « Il n’y aura pas de suppression du dollar en 2027 », précise-t-il, coupant court aux spéculations.

Une priorité claire : maîtriser l’inflation

Si la situation est jugée globalement positive, la vigilance reste de mise. Le Gouverneur ne perd pas de vue l’essentiel : la stabilité des prix.

« La maîtrise de l’inflation reste notre seule priorité », insiste-t-il, tout en reconnaissant les risques liés aux chocs exogènes susceptibles de fragiliser l’équilibre actuel.

Dans cette optique, la BCC maintient le cap d’une politique monétaire prudente, combinée à une gestion active des risques macroéconomiques.

Avec André Wameso, la Banque centrale semble amorcer un tournant : celui d’une institution plus accessible, plus communicante et surtout plus inclusive. En appelant les Congolais à s’approprier leur monnaie, il ne se contente pas de livrer un message économique. Il lance un défi collectif : celui de restaurer durablement la confiance dans le franc congolais.

Ce premier grand oral marque ainsi une rupture assumée. Reste désormais à traduire cette vision en résultats tangibles sur le terrain, là où se joue, chaque jour, la crédibilité de la monnaie nationale.

Econews

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