L’énigme du projet de construction d’une prison moderne à Kisangani (province de la Tshopo), évalué à 39 millions USD, prend des allures de scandale d’État. Interpellé par le député Willy Mishiki à l’Assemblée nationale, le Garde des sceaux Constant Mutamba est sommé de révéler la vérité sur ce contrat opaque attribué à Zion Construction, une entreprise aux allures fantomatiques. Pire : tandis que le ministre des Finances Doudou Fwamba jure qu’aucun décaissement n’a eu lieu, Mutamba affirme que 19 millions USD dorment sur un compte séquestre. Qui ment ? Où est passé l’argent ?
L’affaire de la construction d’une prison moderne à Kisangani pour un montant faramineux de 39 millions USD prend des allures de scandale financier. Alors que les interrogations se multiplient, le député national Willy Mishiki a interpellé le ministre d’État et Garde des sceaux, Constant Mutamba, via une question orale à l’Assemblée nationale, exigeant des éclaircissements sur ce contrat opaque attribué à une entreprise mystérieuse, Zion Construction.
Selon plusieurs sources, Zion Construction, censée réaliser ce mégaprojet, n’aurait aucune existence légale vérifiable. Pourtant, le gouvernement aurait conclu un accord avec cette société pour la construction d’un établissement pénitentiaire à Kisangani, avec une avance colossale de 19 millions USD déjà débloquée.
Le problème ? Doudou Fwamba, le ministre des Finances, affirme catégoriquement que le Trésor public n’a jamais décaissé cette somme. Une déclaration qui contredit frontalement les propos de Constant Mutamba, qui soutient, lui, que les fonds sont bel et bien disponibles sur un compte séquestre.
QUI MENT ? OU EST PASSE L’ARGENT ?
La question brûlante est la suivante : si les Finances n’ont pas libéré les fonds, comment Mutamba peut-il prétendre que 19 millions USD ont été injectés ?
Version de Doudou Fwamba : «Aucune avance n’a été versée, le projet n’a pas été activé dans nos registres.»
Version de Constant Mutamba : «L’argent est sécurisé dans un compte séquestre en attendant le démarrage effectif des travaux.»
Cette contradiction flagrante alimente les suspicions de détournement ou de blanchiment. Les députés et la société civile réclament une enquête indépendante, d’autant plus que le montant global (39 millions USD) paraît exorbitant pour la construction d’une seule prison, même «moderne».
UNE AFFAIRE QUI EMBARRASSE LE GOUVERNEMENT
Alors que la polémique enfle, le silence des autres membres du gouvernement est remarqué. L’opposition exige la transparence totale sur ce marché, y compris la publication du contrat et la preuve de l’existence réelle de Zion Construction.
Willy Mishiki, à l’origine de l’interpellation du Garde des sceaux Constant Mutamba, menace de saisir la Cour des comptes si des réponses claires ne sont pas fournies : «On ne peut pas dépenser 39 millions USD sans que personne ne sache où va l’argent. Le peuple congolais mérite la vérité ! »
Sous la pression, Constant Mutamba devra s’expliquer devant l’Assemblée nationale dans les prochains jours. La Société civile, elle, organise des marches pour exiger des comptes, tandis que les réseaux sociaux s’enflamment avec le hashtag #PrisonGate.
A tout prendre, cette affaire pourrait bien révéler des irrégularités bien plus graves qu’un simple différend entre ministres. À suivre…
TM

