La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a présenté au gouvernement les innovations technologiques mises en place pour renforcer la transparence et l’intégrité de l’Examen d’État (Exetat) 2025. C’était à l’occasion de la 54ème réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 15 août.
Selon la ministre d’Etat, la publication rapide des premiers résultats – 72 heures seulement après la clôture des épreuves – est le fruit d’une réforme numérique ambitieuse. Cette dernière visait à réduire les délais de traitement, souvent pointés du doigt, tout en combattant les fléaux récurrents que sont la fraude et la manipulation des données.
Raïssa Malu a souligné que cette édition de l’Exetat est marquée par l’usage accru de l’intelligence artificielle et de technologies de pointe permettant de garantir la fiabilité et la cohérence des résultats. «Les innovations introduites visent à restaurer la crédibilité des examens nationaux», a-t-elle affirmé.
Parmi les changements notables, le ministère a cité :
– La réforme numérique avec des centres provinciaux modernes de scannage : opérationnels dans certaines provinces, ils ont réduit de 30 à 40 % le délai de traitement et les coûts logistiques.
– L’automatisation de la correction grâce à l’IA : la technologie déployée a multiplié par dix la vitesse de correction, passant de 8-10 copies par minute à 80-100 copies.
– Le lancement anticipé du processus de correction dès le deuxième jour des épreuves dans des provinces éducationnelles pilotes (Kinshasa-Mont Amba, Kasaï Oriental 1 et Haut-Katanga 1), permettant une avancée significative.
La plateforme E-diplôme sécurisée par la blockchain : elle garantit l’infalsifiabilité des titres scolaires et assure aux lauréats la disponibilité immédiate des attestations de réussite.
La ministre d’Etat a également noté une hausse remarquable du taux de réussite des filles dans les filières techniques et scientifiques, traditionnellement dominées par les garçons, signe d’une progression vers plus d’équité dans l’orientation académique.
Malgré les critiques d’une partie de l’opinion sur la rapidité de la publication des résultats, le ministère d’État a insisté sur la rigueur et la transparence du processus. L’Inspection générale a rassuré que chaque étape a été maîtrisée selon des standards fiables et sécurisés.
Ces réformes répondent à la vision du président Félix Tshisekedi, qui, lors du Conseil des ministres du 5 juillet 2024, avait instruit le gouvernement de renforcer la crédibilité de l’Examen d’État. Considéré comme l’épreuve phare du système éducatif congolais, l’Exetat sanctionne la fin du cycle secondaire et ouvre les portes de l’enseignement supérieur.
Avec ces innovations, le ministère espère tourner la page des polémiques récurrentes liées à la tricherie et à la manipulation des résultats, pour redonner à l’Examen d’État sa valeur d’instrument de mérite et de justice sociale.
Tighana Masiala

