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Préservons ce qui nous unit !

Alors que la République Démocratique du Congo traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire, marquée par une instabilité persistante dans sa partie Est et une pauvreté généralisée, la nécessité d’une unité nationale et d’une paix durable semble plus impérieuse que jamais. Pourtant, des événements récents, notamment le procès de l’ancien président Joseph Kabila et la traque politique présumée des voix dissonantes, risquent de plonger le pays dans de nouvelles divisions.

La communauté internationale, de Washington à Doha, multiplie les efforts pour apaiser les tensions dans la région des Grands Lacs et stabiliser l’Est de la RDC, meurtri par des décennies de conflits. Dans ce contexte, raviver les vieux démons de la division et de la vendetta politique semble non seulement contre-productif, mais dangereux. Le procès de Joseph Kabila, aussi justifié soit-il par certains au nom de la justice, soulève des questions cruciales sur son timing et ses motivations.

Est-ce véritablement la recherche de la justice qui anime cette démarche, ou s’agit-il d’une manœuvre politique visant à éliminer symboliquement et juridiquement un rival potentiel ?

Par ailleurs, la persécution présumée de ceux qui ne se reconnaissent pas dans la majorité actuelle, l’«Union sacrée de la nation », envoie un signal alarmant. Un pays qui aspire à la démocratie et à la réconciliation ne peut se permettre de museler l’opposition ou d’instrumentaliser la justice à des fins politiques. De telles pratiques, loin de renforcer l’unité nationale, risquent d’exacerber les tensions et de creuser davantage le fossé entre les différentes sensibilités politiques.

La RDC a besoin de stabilité, de dialogue inclusif et d’institutions fortes et impartiales. Elle n’a pas besoin de revivre les cauchemars du passé, où la division et la vengeance prenaient le pas sur l’intérêt général. Il est temps pour les acteurs politiques congolais, toutes tendances confondues, de privilégier le dialogue sobre et constructif sur la confrontation stérile. La paix et la prospérité ne pourront advenir que dans un climat de justice équitable, de tolérance politique et d’unité retrouvée.

L’histoire jugera sévèrement ceux qui, par ambition ou aveuglement, auront choisi de fragiliser davantage un pays déjà meurtri. Espérons que la sagesse l’emportera.

KUEDIAS