Un sondage réalisé à Kinshasa révèle une désillusion profonde : 64 % des habitants de la capitale rejettent l’idée d’un nouveau dialogue national censé mettre fin à la guerre à l’Est du pays. Épuisés par un conflit interminable et méfiants envers une classe politique perçue comme inefficace, les Kinois dénoncent un cycle de pourparlers sans résultats et souvent favorables aux seigneurs de guerre. Entre lassitude, scepticisme et volonté d’options plus fermes, la majorité silencieuse exprime un ras-le-bol qui interpelle. Voici les conclusions de Sondage Les Points.
« 64 % des Kinois opposés à un nouveau dialogue national : les conclusions d’un sondage inquiétant »
Depuis plusieurs années, la République démocratique du Congo fait face à un conflit armé persistant dans sa partie orientale. Afin d’explorer des pistes susceptibles de mettre fin durablement à cette guerre, plusieurs acteurs politiques ainsi que des représentants de la société civile appellent à l’organisation d’un dialogue national inclusif.
Certains autres acteurs politiques et les restes de la population ne sont pas non plus restés à l’écart, chacun va dans son sens pour ou contre la tenue du dialogue national enfin de trouver une solution définitive à cette guerre qui n’a fait que trop durée.
C’est dans cette perspective que nous avons conduit une enquête par sondage du 24 au 25 novembre 2025 à Kinshasa pour capter l’état d’esprit de 1000 personnes représentatives de la population Kinoise, sélectionnée par la méthode de quota et résidant dans les 24 communes de la ville de Kinshasa.
Il ressort de cette enquête plusieurs version croisées mai plus dominée par la majorité silencieuse, celle à qui on ne donne pas la parole régulièrement mais qui constitue la grande masse de la population.
Alors que les appels à un dialogue national inclusif se multiplient pour tenter de mettre fin à la guerre qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années, un nouveau sondage réalisé à Kinshasa révèle une forte opposition de la population à cette initiative.
Menée du 24 au 25 novembre 2025 auprès de 1.000 habitants répartis dans les 24 communes de la capitale, l’enquête montre qu’une majorité de Kinois ne croit plus à l’efficacité des dialogues politiques.
Selon les résultats, 85 % des personnes interrogées estiment que la guerre a « trop duré ». Une lassitude collective qui traduit le sentiment d’abandon et d’usure face à un conflit devenu chronique ce qui rend la population épuisée par un conflit sans fin.
Interrogés sur les origines du conflit, les sondés pointent principalement les intérêts économiques liés aux minerais et aux terres (32 %), et l’ingérence étrangère (29 %). (voir graphique 4)
Deux facteurs qui, combinés, installent l’idée que la guerre serait « plus étrangère que congolaise », ce qui rendrait un dialogue interne largement insuffisant pour y mettre fin.
L’étude souligne que 62 % des répondants doutent qu’un dialogue puisse être « sérieux » ou efficace tant que les causes extérieures du conflit ne sont pas adressées d’où un profond scepticisme envers un nouveau dialogue (voir graphique 6)
Pour beaucoup, les dialogues précédents n’ont apporté aucune solution durable. (voir graphique 8)
70 % des sondés estiment qu’ils ont surtout conduit à la gratification des seigneurs de guerre : intégrations dans l’armée, promotions, postes dans les institutions, alimentant ainsi un cycle pervers : « dialogue – partage de postes – retour à la guerre ».
A la question de savoir si la population est personnellement favorable à un nouveau dialogue national, Une large majorité est opposée à un nouveau dialogue, soit 64 % des Congolais interrogés se déclarent défavorables à la tenue d’un dialogue national. (voir graphique 10)
Une perception qui renforce la méfiance envers la classe politique et aggrave la crise de confiance.
Pour eux, un tel processus risque : de renforcer les groupes armés ; d’encourager l’impunité et de prolonger un conflit déjà trop long. (voir graphique 12)
Face à cette défiance, les Congolais privilégient d’autres pistes pour mettre fin au conflit. Parmi les solutions les plus citées : Renforcer les FARDC et adopter une approche militaire plus ferme ; lutter contre le trafic illicite des minerais ; contrer l’ingérence étrangère par des actions diplomatiques plus vigoureuses ; engager des poursuites judiciaires contre les responsables de crimes ; impliquer davantage les communautés locales dans la prise de décision. (voir graphique 14)
Cette enquête met en lumière une catégorie souvent ignorée : la majorité silencieuse, ces citoyens qui ne prennent pas régulièrement la parole dans l’espace public mais qui constituent la base de la population.
Leur message est clair, les dialogues politiques successifs n’ont pas apporté la paix, et un nouveau cycle de négociations n’inspire plus confiance.
Pour de nombreux Congolais, le temps est venu d’adopter des solutions plus fermes, plus souveraines et mieux ancrées dans les réalités du terrain.
Sondage Les Points









