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Pour une bonne affectation de 1,25 milliard USD d’eurobond, le PNUD offre ses bons offices à la RDC 

Le 1,25 milliard de dollars US levé par la RDC sur les marchés financiers internationaux constitue une étape majeure pour le pays. Jamais auparavant le Congo n’avait eu recours à cet instrument de dette souveraine. Ce succès financier, salué par les partenaires techniques et financiers, ouvre néanmoins une boîte de Pandore : comment garantir que ces fonds, empruntés à des conditions exigeantes, ne se diluent pas dans des circuits opaques ou des projets mal exécutés ?

Le défi est d’autant plus grand que la RDC a une expérience limitée en matière de gestion de grands volumes d’emprunts internationaux assortis d’exigences élevées de transparence. L’opinion publique, les créanciers et les organisations de lutte contre la corruption seront aux aguets. Une mauvaise affectation pourrait non seulement hypothéquer les relations avec les bailleurs, mais aussi compromettre les futures levées de fonds sur les marchés.

Un filet de sécurité institutionnel

C’est dans ce contexte que le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a rencontré à Washington Mme Ahunna Eziakonwa, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Directrice du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD. L’objet des discussions : l’accompagnement du PNUD dans la mise en place d’un dispositif de reporting et de monitoring spécifiquement dédié à l’eurobond.

Concrètement, ce mécanisme sera orienté vers le suivi rigoureux des projets sélectionnés pour être financés par ces 1,25 milliard USD. L’objectif affiché est de garantir une exécution «optimale, transparente et efficace » des ressources mobilisées. Le PNUD, qui dispose d’une longue expérience dans le renforcement des capacités de gouvernance en Afrique, mettra ses bons offices pour outiller l’administration congolaise.

Un test pour la crédibilité du Gouvernement

Au-delà de l’assistance technique, c’est la crédibilité de l’exécutif congolais qui est en jeu. L’annonce de l’accompagnement du PNUD est un signal positif envoyé aux marchés, mais elle ne suffira pas à elle seule à dissiper les doutes. Le véritable défi sera de transformer cet accompagnement en une pratique durable de transparence : publication régulière des états d’exécution, audits indépendants, participation de la société civile au contrôle, et sanctions effectives en cas de détournement.

Lors de la rencontre, les deux parties ont également fait le point sur le programme des PDL-145 Territoires, une initiative gouvernementale visant à réduire les inégalités territoriales et à rapprocher les services sociaux de base des populations. Ce programme, déjà soutenu par le PNUD, pourrait servir de laboratoire pour les méthodes de monitoring qui seront appliquées à l’eurobond.

Le PNUD a réaffirmé sa volonté d’accompagner la RDC dans le renforcement des outils de suivi, de transparence et de gouvernance, en cohérence avec la vision du gouvernement de maximiser l’impact des investissements au bénéfice direct de la population. Toutefois, l’organisation onusienne ne peut se substituer à l’État. C’est aux autorités congolaises qu’incombe la responsabilité finale de l’affectation et du contrôle.

En acceptant l’offre de bons offices du PNUD, la RDC reconnaît implicitement la fragilité de ses propres mécanismes de contrôle. Mais elle montre aussi une volonté politique d’éviter les écueils qui ont jalonné l’histoire de nombreux pays africains emprunteurs. L’enjeu est désormais de transformer cette bonne intention en réalité tangible sur le terrain.

Hugo T.