Après plusieurs années marquées par une gestion transitoire et des réformes institutionnelles, le football congolais s’apprête à vivre un tournant décisif de son histoire administrative. L’élection du nouveau comité exécutif de la Fédération Congolaise de Football Association, annoncée pour mai 2026, représente bien plus qu’un simple renouvellement de mandat : elle symbolise la fin d’une longue période d’incertitude et l’ouverture d’une nouvelle ère de gouvernance. Ce scrutin devra désigner le futur président qui succédera à Constant Omari, figure emblématique du football national, qui a dirigé l’institution pendant près de 18 ans avant de quitter ses fonctions en 2021 dans un contexte de transition imposée par les instances du football mondial.
Depuis son départ, la FECOFA a été administrée sous un régime de normalisation supervisé, avec pour objectif de rétablir la stabilité et d’assainir la gestion du football congolais. L’élection à venir est donc perçue comme un moment crucial, attendu par les acteurs du football national, qui espèrent voir émerger une gouvernance plus transparente, plus efficace et capable de relancer durablement les compétitions locales tout en renforçant la compétitivité des équipes nationales sur la scène africaine et internationale.
Un scrutin très attendu
Le processus électoral est officiellement lancé, avec la clôture du dépôt des candidatures fixée au 21 avril, avant un scrutin annoncé pour le 20 mai 2026 . Cette échéance marque la fin du cycle de normalisation mis en place sous l’égide de la FIFA, et ouvre la voie à une nouvelle gouvernance du football congolais.
Dans un contexte marqué par des années de crises internes, de suspensions et de réformes, cette élection est perçue comme un tournant décisif pour la relance du football en République démocratique du Congo.
Des candidats aux profils variés
La course à la présidence de la Fédération Congolaise de Football Association s’annonce particulièrement ouverte et compétitive, illustrant la diversité des profils et des visions qui animent le football congolais à l’approche de ce scrutin décisif. Plusieurs personnalités, issues aussi bien du monde sportif que de l’administration ou des médias, affichent ou laissent entrevoir leur ambition de prendre les commandes de l’instance dirigeante du football national.
Parmi les candidatures déjà officiellement déposées, celle de Aziz Makukula suscite un intérêt particulier. Ancien international d’origine congolaise, il se présente avec un discours axé sur la rupture, promettant une gouvernance fondée sur la transparence, la rigueur administrative et la modernisation des structures du football congolais. Son projet met notamment en avant la nécessité de réformer la gestion des compétitions et de renforcer la formation à la base.
D’autres figures bien connues du paysage sportif congolais sont également citées parmi les prétendants ou les personnalités susceptibles d’entrer dans la course. C’est le cas de Shabani Nonda, ancienne star des Léopards, dont le nom bénéficie d’une forte popularité et d’un capital sympathie important auprès du public. À ses côtés, Véron Mosengo-Omba, fort de son expérience dans les instances du football continental, est perçu comme un profil technocratique capable d’apporter une expertise institutionnelle solide. Claude Kabulo Mwana Kabulo, journaliste et acteur influent du milieu sportif, incarne quant à lui une candidature à forte dimension médiatique et politique, tandis que Lord Ndiwa met en avant une approche centrée sur le management, la formation et la structuration durable du football local.
Au-delà de ces profils déjà identifiés, d’autres candidatures pourraient encore émerger dans les prochaines semaines, confirmant l’importance stratégique de cette élection et l’intérêt croissant qu’elle suscite au sein de l’écosystème sportif congolais.
Un enjeu au-delà du simple poste
Au-delà de la simple désignation d’un nouveau président, cette élection au sein de la Fédération Congolaise de Football Association constitue un véritable test de crédibilité pour les institutions sportives congolaises. Elle est perçue comme un moment charnière, capable de redéfinir durablement la gouvernance du football national et de restaurer la confiance entre les différents acteurs du secteur, souvent fragilisée par des années de tensions, de contestations et de gestion jugée parfois opaque.
Le futur dirigeant sera ainsi appelé à relever des défis structurels majeurs, notamment la restructuration des compétitions nationales, l’amélioration de la gouvernance interne, ainsi que le renforcement de la transparence dans la gestion administrative et financière. Au-delà de ces réformes internes, l’enjeu est également sportif et symbolique : redonner au football congolais sa compétitivité et son rayonnement sur la scène africaine et internationale, en repositionnant les sélections nationales et les clubs dans une dynamique de performance durable.
Une succession ouverte
Plus de quatre ans après le départ de Constant Omari, la succession à la tête de la Fédération Congolaise de Football Association demeure ouverte et particulièrement attendue. Dans un contexte où le football congolais cherche encore ses repères institutionnels, plusieurs profils se positionnent ou sont évoqués : anciens internationaux, dirigeants sportifs expérimentés, et acteurs issus d’univers plus administratifs ou médiatiques.
Dans l’attente de la publication de la liste définitive des candidats et du lancement officiel de la campagne électorale, une certitude se dégage néanmoins : cette élection dépasse largement un simple changement de dirigeants. Elle pourrait marquer une reconfiguration profonde des équilibres internes du football congolais, avec des répercussions sur la gestion des ligues, la formation des jeunes talents et la compétitivité des sélections nationales.
BENNY LUTALADIO

