Alors que l’ancien Garde des sceaux Constant Mutamba croyait avoir définitivement tourné la page du dossier FRIVAO après sa condamnation pour 19 millions USD, une nouvelle affaire, autrement plus grave, éclabousse son passage à la tête de la Justice congolaise. Sous l’impulsion du Ministre d’État Guillaume Ngefa, la lumière est en train de se faire sur une gestion opaque, faite des marchés publics fantômes et d’indemnisations frauduleuses. Les premières audiences, tenues le 21 avril 2026, promettent de dévoiler un système où l’ancien Garde des sceaux aurait été bien plus qu’un simple superviseur.
La rentrée judiciaire de l’année 2026 restera celle de toutes les vérités pour le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Alors que l’opinion se souvient de la condamnation de Constant Mutamba pour le détournement de 19 millions de dollars, des millions d’autres dollars, évaporés dans l’ombre, refont surface. Et cette fois, l’actuel Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, ne compte rien laisser passer.
« Nous voulons toute la lumière, jusqu’au dernier centime. » C’est le message, ferme et sans ambiguïté, que le Garde des sceaux Guillaume Ngefa a fait passer en coulisses, alors que s’ouvraient, ce mardi 21 avril 2026 devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, les audiences contre les présumés auteurs de ces pillages. Finis le temps de l’entre-soi et des nominations de complaisance. Désormais, c’est devant les juges que toutes les parties impliquées devront s’expliquer.
Un DG exécutant, des sociétés fantômes
Premier à comparaître : Chançard Bolukola, Directeur général par intérim du FRIVAO, nommé directement par Constant Mutamba. Cadre du parti NOGEC – la formation politique de l’ancien ministre – et ancien simple agent de protocole au ministère, Bolukola est apparu comme un rouage docile d’un système bien huilé. Selon les premiers éléments d’enquête, ce DG n’était en réalité qu’un exécutant zélé, agissant sous le dictat permanent de son mentor.
À la barre, le malaise a été palpable. Interrogé par le ministère public sur des marchés publics de plus de 2 millions de dollars attribués à des sociétés sans adresses connues, Bolukola s’est enfoncé dans la contradiction. Pas d’adresse, pas de noms de responsables, pas de trace des huissiers : le vide sidéral. Un silence qui en dit long sur la manière dont l’argent destiné aux victimes a été dilapidé.
« Tous ces marchés se contractaient sous la bénédiction de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba. Voilà comment était dépensé l’argent de l’État, sans vérification et avec une légèreté confondante », confie une source interne du ministère de la Justice, sous couvert d’anonymat.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Selon des informations recoupées, le dossier pourrait s’alourdir considérablement. Plusieurs membres du parti politique dont est issu le DG intérimaire auraient été frauduleusement inscrits sur les listes des victimes indemnisées. Autrement dit, l’argent du FRIVAO aurait servi à récompenser des proches et à alimenter des caisses politiques, pendant que les véritables victimes des guerres ougandaises attendent toujours réparation.
« Dans cette affaire, la population connaîtra réellement le vrai Mutamba », lâche notre source, avec une gravité qui ne trompe pas.
Guillaume Ngefa, la fermeté d’un Ministre d’État
Contrairement à ses prédécesseurs qui ont souvent enterré ces dossiers, Guillaume Ngefa a fait de la transparence un combat personnel. En déclenchant ces poursuites et en exigeant que la justice suive son cours, il envoie un signal fort : plus personne, quelle que soit son ancienne fonction, n’est intouchable.
La prochaine audience, fixée au 24 avril 2026, s’annonce explosive. Les avocats de la partie civile réclament déjà l’extension des investigations à d’autres comptes bancaires et à d’anciens cadres du ministère. Quant à Constant Mutamba, s’il n’a pas encore été formellement mis en cause dans cette nouvelle phase, le spectre de son implication directe plane désormais au-dessus des débats.
Une certitude : avec Guillaume Ngefa aux commandes, le FRIVAO ne sera plus jamais une vache laitière pour politiciens véreux. La justice congolaise, malgré ses faiblesses, vient de prouver qu’elle pouvait encore mordre. Et cette fois, le mors est profond.
Alors que le peuple congolais attend depuis des décennies réparation pour les crimes de l’Ouganda, voir ses propres dirigeants piller ces fonds relevait de l’insulte suprême. En osant dérouler le fil de cette toile d’araignée, le Garde des sceaux Guillaume Ngefa ne rend pas seulement hommage aux victimes : il redonne un peu de dignité à l’État de droit.
Le FRIVAO, une boîte de pandore
Pour rappel, le FRIVAO (Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo) est une structure de la RDC chargée d’indemniser les victimes de la guerre de six jours à Kisangani et d’autres activités illicites ougandaises, conformément aux arrêts de la Cour Internationale de Justice (CIJ).
En ce mois d’avril 2026, un procès s’est ouvert à Kinshasa concernant le présumé détournement de plusieurs millions de dollars destinés à l’indemnisation des victimes. L’ancien coordonnateur de la structure et d’autres responsables sont impliqués, avec des allégations de marchés publics attribués à des sociétés fictives. La justice enquête également sur des détournements de fonds liés à des projets de réhabilitation, dont celui du zoo de Kisangani.
D’ores et déjà, face aux irrégularités, le gouvernement congolais, via le ministère de la Justice, a ordonné la suspension du processus d’indemnisation pour réorganiser la structure, corriger les listes des bénéficiaires et renforcer la transparence.
Le dossier est actuellement très sensible en RDC, touchant à des fonds destinés à des milliers de victimes après plus de 20 ans d’attente.
Rendez-vous le 24 avril pour la suite d’un feuilleton judiciaire qui promet encore bien des secousses.
Econews

