Aubin Minaku et Ramazani Shadary transférés à l’auditorat militaire après plus de 200 jours de détention

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Le dossier judiciaire impliquant deux figures majeures du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, a franchi ce jeudi une étape décisive. Après plus de 200 jours passés dans les locaux des services de sécurité, les deux hauts responsables ont été officiellement transférés à l’auditorat général militaire, marquant ainsi le début de la phase judiciaire de leur affaire.

Arrêtés à leurs domiciles de Kinshasa entre décembre 2025 et janvier 2026, les deux cadres du PPRD – ancien parti de l’ex-président Joseph Kabila – étaient détenus depuis lors dans des conditions qui ont suscité de vives inquiétudes au sein de l’opposition et des organisations de défense des droits humains. Emmanuel Ramazani Shadary, ancien vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur et ancien candidat du Front commun pour le Congo (FCC) à la présidentielle de 2018, a été interpellé le 16 décembre 2025. Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et vice-président du PPRD, a quant à lui été arrêté dans la nuit du 17 au 18 janvier 2026.

Tous deux étaient détenus par le Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service de renseignement rattaché à la Présidence de la République, sans avoir été présentés devant aucune juridiction durant toute cette période.

Selon des sources proches des détenus, Aubin Minaku serait détenu dans une villa contrôlée par le CNC, et les avocats des deux hommes n’ont eu qu’un accès très limité à leurs clients.

Un transfert salué comme une avancée par le camp Kabila

Selon une source proche du dossier, reprise par le journaliste Stanys Bujakera sur son compte X, le Conseil national de cyberdéfense a dépêché un de ses représentants ce jeudi avec le dossier, qui a été remis à l’auditorat militaire. Une première audition des deux civils pourrait intervenir dans les prochaines heures.

Si le souhait initial du camp Kabila était de voir les deux cadres jugés devant les juridictions civiles, cette transmission du dossier à la justice militaire est néanmoins perçue comme un soulagement. « C’est déjà un soulagement de savoir que le dossier a désormais été transmis à la justice », a déclaré un cadre du Front commun pour le Congo (FCC).

L’arrestation de ces deux personnalités s’inscrit dans une série d’interpellations visant, depuis plusieurs mois, des dirigeants du parti de Joseph Kabila et plusieurs de ses proches. Les cadres du PPRD sont poursuivis pour des soupçons de complicité avec le mouvement rebelle AFC/M23, dans un contexte marqué par la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila lui-même pour « trahison ».

D’autres membres du PPRD sont également détenus, parmi lesquels Dunia Kilanga Nyembo Christian, secrétaire national du parti, et Parole Kamizelo, communicateur du PPRD.

Depuis leur interpellation, les avocats des deux hommes dénoncent une détention prolongée sans contrôle judiciaire. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont également exprimé leurs préoccupations quant au respect des droits de la défense et des garanties prévues par la législation congolaise.

Une nouvelle étape judiciaire aux contours encore flous

À ce stade, les autorités judiciaires n’ont pas encore fait de déclaration officielle sur les chefs d’accusation retenus, le calendrier de la procédure ou les éventuelles audiences à venir. L’implication de l’auditorat militaire laisse toutefois penser que l’affaire pourrait toucher à des questions de sécurité nationale ou à d’autres dossiers sensibles nécessitant l’intervention de la justice militaire.

Ce transfert marque néanmoins une avancée significative dans un dossier qui, pendant plus de huit mois, était resté dans l’opacité des services de renseignement. Reste à savoir si cette saisine de la justice militaire permettra enfin d’éclaircir les charges pesant sur les deux cadres du PPRD et de garantir le respect de leurs droits fondamentaux.

Econews

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