
Le Président de la République mobilise le Gouvernement, l’OMS et CDC Africa pour tenter d’enrayer une épidémie qui continue de gagner du terrain, alors que la RDC paie un lourd tribut contrairement à l’Ouganda, déjà en passe de tourner la page.
Alors que l’Ouganda s’apprête à déclarer la fin de son épidémie d’Ebola, après avoir observé les 21 jours réglementaires sans nouveau cas, avec seulement deux décès enregistrés sur son territoire, la République Démocratique du Congo reste confrontée à une crise sanitaire d’une tout autre ampleur. Les contaminations et les décès continuent de s’accumuler, poussant le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, à reprendre directement la main sur la coordination de la riposte.
Les chiffres publiés par l’Institut national de santé publique (INSP), arrêtés au 4 août et rendus publics le 5 août, illustrent l’ampleur du défi. Le pays comptabilise désormais 3.973 cas confirmés répartis dans cinq provinces — Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo — pour un total de 1.801 décès, soit un taux de létalité de 45,3 %.
Si aucune nouvelle zone de santé n’a été touchée au cours des dernières vingt-quatre heures, l’épidémie demeure loin d’être maîtrisée. Sur les 140 zones de santé que compte le pays, 51 sont concernées par la maladie. L’Ituri reste de très loin le principal foyer de transmission, concentrant 87,1 % des cas cumulés, tandis que le Sud-Kivu enregistre une évolution encourageante avec 56 jours sans nouveau cas, signe que la riposte produit des résultats dans certaines régions.
Malgré la gravité de la situation, quelques indicateurs témoignent des progrès enregistrés par les équipes de riposte. Le nombre de personnes guéries atteint désormais 776 patients, avec notamment une première guérison officiellement enregistrée dans la province du Haut-Uélé.
Les capacités de prise en charge ont également été renforcées avec l’inauguration, en Ituri, du centre de traitement de Rwankole, doté de 120 lits, destiné à accueillir les malades et à réduire la pression sur les autres structures sanitaires. Dans le même temps, le suivi des personnes contacts atteint 75,3 % au niveau national, un indicateur essentiel pour interrompre les chaînes de transmission.
Tshisekedi en avant-plan
Face à l’évolution préoccupante de l’épidémie, le Président Félix Tshisekedi a réuni, mercredi, une importante séance de travail à la Cité de l’Union africaine consacrée exclusivement au renforcement de la riposte contre le virus Ebola de souche Bundibugyo.
Autour du Chef de l’État se trouvaient la Première Ministre Judith Suminwa, les principaux membres du Gouvernement concernés, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que le Directeur général de CDC Africa, le Dr Jean Kaseya.
Cette réunion de haut niveau marque la volonté du Président de piloter personnellement une riposte devenue l’une des principales urgences nationales. Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer la mobilisation communautaire, considérée comme un levier décisif pour freiner la propagation du virus.
L’OMS a insisté sur une stratégie reposant davantage sur la sensibilisation des populations, avec l’implication des leaders religieux, des chefs coutumiers et des organisations de jeunesse afin de favoriser l’adhésion aux mesures sanitaires.
L’organisation a également souligné l’urgence de mieux protéger le personnel soignant et d’intensifier la surveillance épidémiologique pour éviter que des malades ne succombent à domicile sans avoir été pris en charge dans des structures de santé.
L’OMS et Africa CDC réaffirment leur soutien
À l’issue de cette réunion stratégique, l’OMS et Africa CDC ont salué les efforts déjà engagés par les autorités congolaises dans la lutte contre l’épidémie. Les deux organisations ont renouvelé leur engagement à accompagner le Gouvernement congolais à travers un appui technique et opérationnel renforcé.
Mais au regard du bilan humain déjà extrêmement lourd — 3.973 cas, 1.801 morts contre 776 guérisons —, la mobilisation devra rapidement produire des résultats tangibles.
Chaque journée qui passe sans ralentissement significatif de la transmission alourdit davantage le tribut payé par la RDC, désormais confrontée à l’une des plus graves flambées d’Ebola de son histoire récente.
Hugo Tamusa


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