Journée mondiale des enseignants : en RDC, Raïssa Malu veut redonner toute sa place au métier d’enseignant

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À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre à Kinshasa, la ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a rendu hommage au personnel enseignant et appelé à renforcer sa formation, ses conditions de travail et son accompagnement face aux mutations du système éducatif, notamment sous l’effet du numérique.

La République Démocratique du Congo a célébré, lundi 5 octobre 2026, la Journée mondiale des enseignants. Organisée au Lycée technique de la Gombe, à Kinshasa, la cérémonie a pris une dimension particulière cette année, marquant les 60 ans de la recommandation de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant.

Placée sous le thème « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », la commémoration a été l’occasion pour le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté de remettre la condition enseignante au centre des enjeux de transformation de l’école congolaise.

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« Il n’y a pas d’École sans enseignants »

Dans son message de circonstance, la ministre d’État Raïssa Malu a posé les bases de son intervention autour d’un principe qu’elle considère comme essentiel à toute politique éducative :

« Il n’y a pas d’École sans enseignants. »

Pour la ministre, les investissements consacrés aux infrastructures scolaires, aux programmes, aux réformes ou encore au numérique ne peuvent produire pleinement leurs effets sans un personnel enseignant capable de transformer ces avancées en apprentissages concrets dans les salles de classe.

« Aucune transformation de l’École ne peut réussir si elle ne se traduit pas, dans chaque classe, par un enseignement de qualité. Et, au cœur de cette classe, il y a un enseignant », a-t-elle souligné.

Une manière de rappeler que la modernisation du système éducatif ne saurait se limiter aux infrastructures ou aux outils technologiques. Elle doit également s’appuyer sur celles et ceux qui assurent, au quotidien, la transmission des savoirs.

Formation, carrière et rémunération parmi les priorités

La revalorisation du métier d’enseignant, selon Raïssa Malu, ne peut se résumer à des déclarations prononcées à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants. Elle suppose des mesures durables portant sur les conditions d’exercice de la profession.

La formation continue, l’accompagnement de carrière, l’amélioration des conditions de travail, la régularité de la rémunération ainsi que la préparation de la retraite figurent ainsi parmi les principaux leviers évoqués par la ministre.

« Prendre soin de la profession enseignante, c’est mieux former les enseignants, accompagner leur carrière, améliorer leurs conditions de travail, assurer une rémunération régulière et préparer dignement la retraite. Sur chacune de ces questions, notre pays doit continuer à avancer », a-t-elle déclaré.

Cette orientation s’inscrit dans le contexte des efforts engagés par la RDC pour transformer son système éducatif, notamment à travers la gratuité de l’enseignement primaire public, l’amélioration de la gouvernance scolaire et les initiatives visant à renforcer la qualité des apprentissages.

Le numérique bouleverse le métier

Au-delà de la question des conditions professionnelles, la ministre d’État a également insisté sur une autre mutation majeure : l’évolution du métier d’enseignant à l’ère du numérique.

L’accès de plus en plus rapide des élèves à l’information modifie le rapport traditionnel au savoir. Pour Raïssa Malu, cette évolution impose de repenser progressivement le rôle de l’enseignant.

Celui-ci ne doit plus seulement transmettre des connaissances. Il doit également apprendre aux élèves à comprendre, vérifier et analyser l’information, à raisonner, à exercer leur jugement et à utiliser de manière responsable les nouveaux outils numériques.

« Nous aurons besoin d’enseignants capables non seulement de transmettre des connaissances, mais aussi d’apprendre aux élèves à comprendre, à vérifier, à raisonner, à exercer leur jugement et à utiliser avec intelligence les nouveaux outils mis à leur disposition », a-t-elle expliqué.

Pour le ministère de tutelle, le défi consiste donc à faire du numérique un véritable outil au service de la qualité des apprentissages, tout en donnant aux enseignants les compétences nécessaires pour accompagner les élèves dans ce nouvel environnement.

Une profession appelée à continuer d’apprendre

Dans son message, Raïssa Malu a également insisté sur les exigences qui accompagnent la profession enseignante. Maîtriser sa matière, préparer ses cours, être présent auprès des élèves, adapter ses méthodes pédagogiques, traiter chaque enfant avec équité et continuer à apprendre constituent, selon elle, les fondements de la dignité professionnelle.

La ministre d’État a, à cette occasion, exprimé la reconnaissance du Gouvernement à l’ensemble des enseignants congolais.

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« Notre responsabilité est de mieux vous accompagner, et la vôtre est de continuer à faire grandir les connaissances, l’intelligence et les possibilités de nos enfants », a-t-elle déclaré.

Sur le terrain, au contact des enseignants

Après la cérémonie, la ministre d’État a visité plusieurs espaces pédagogiques du Lycée technique de la Gombe, notamment les salles de coupe et couture ainsi que celle consacrée à la coiffure. Elle a également échangé directement avec des enseignants.

Raïssa Malu s’est ensuite rendue à l’École primaire Lisanga, dans la commune de la Gombe, où elle a poursuivi les échanges avec des enseignants directement dans leurs salles de classe.

Ces visites ont permis de prolonger le message officiel par des échanges au plus près des réalités du terrain.

Revaloriser l’enseignant pour transformer durablement l’école

Au-delà de la portée symbolique des 60 ans de la recommandation OIT-UNESCO, la célébration de cette Journée mondiale des enseignants aura remis en évidence un enjeu central pour l’avenir de l’éducation en RDC : la transformation de l’école passe nécessairement par la valorisation de ceux qui la font vivre.

Formation, conditions de travail, rémunération, évolution de carrière, préparation de la retraite et adaptation aux nouveaux outils numériques constituent désormais autant de dimensions de la profession enseignante.

Pour le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, l’objectif affiché est donc de mieux accompagner les enseignants afin qu’ils puissent, à leur tour, mieux préparer les générations futures à comprendre un monde en pleine mutation.

Tighana MASIALA

 

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