Eurobond de la RDC : 137,8 millions USD déjà décaissés – Une gestion sous pression pour garantir le remboursement à échéance

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Après la levée de plus d’un milliard de dollars US sur les marchés financiers internationaux, via un Eurobond, le compte à rebours est déjà lancé pour l’échéance de remboursement. Le Gouvernement a l’impérieux devoir de ne pas dilapider ces capitaux : chaque dollar décaissé doit impérativement générer des retombées économiques et une valeur ajoutée suffisantes pour honorer les coupons et le principal à venir. Faute de quoi, cet outil de développement tant espéré se muerait en une bombe à retardement pour les finances publiques. C’est dans ce contexte de rigueur absolue que le ministère des Finances vient de publier les premières affectations détaillées des fonds.

Le ministère des Finances de la RDC a levé le voile, ce mardi, sur l’affectation du premier décaissement de l’Eurobond émis récemment pour un montant total supérieur à un milliard USD. Selon l’exécutif, ces ressources ne sont pas un simple palliatif budgétaire, mais un levier stratégique devant se traduire en réalisations tangibles sous le leadership du Chef de l’État. Pour l’instant, 137,894 millions USD ont été décaissés en faveur de trois projets structurants prioritaires, dont la ventilation est la suivante : 48,035 millions USD pour le projet intégré de construction de la centrale hydroélectrique de Grand Katende, incluant ses infrastructures de transport et de distribution d’électricité ; 89,859 millions USD pour la modernisation des aéroports internationaux de N’djili (Kinshasa) et de Luano (Lubumbashi).

Sous la pression des échéances financières, le gouvernement maintient un rythme soutenu. Dans les jours à venir, plus de 200 millions USD supplémentaires seront libérés pour financer la Rocade Nord-Est de Kinshasa (Route du Fleuve) ainsi que la réhabilitation de la RN4 Kisangani-Beni. D’ici à la fin de l’année, au moins 300 millions USD de décaissements complémentaires sont également attendus pour accélérer les travaux sur les chantiers de l’aéroport de N’djili et de la centrale de Grand Katende.

Des garde-fous pour éviter le piège de la dette

Conscient des critiques acerbes de la société civile et des partenaires techniques – qui réclament une transparence accrue sur ces fonds venant alourdir la dette extérieure –, le ministère des Finances assure que ces ressources bénéficient d’une exécution sécurisée. Elles sont placées sous la prise en charge rigoureuse des comptables publics, afin de garantir une traçabilité irréprochable des dépenses.

Par ailleurs, pour soulager la pression sur les finances nationales, les liquidités sont logées dans des comptes créditeurs générateurs d’intérêts. Cette astuce financière vise à mitiger le coût des coupons à payer, permettant ainsi aux fonds de «travailler» en attendant leur affectation définitive sur les chantiers.

Au-delà des chiffres, c’est la soutenabilité de l’endettement congolais qui est en jeu. Les marchés financiers, tout comme les agences de notation, scrutent avec attention la capacité de la RDC à transformer ces emprunts en infrastructures rentables. Si les routes désenclavent les zones de production, si l’hydroélectrique alimente l’industrie locale et si les aéroports facilitent le commerce régional, l’Eurobond aura rempli sa mission. Dans le cas inverse, l’échéance de remboursement – qui approche inexorablement – pourrait se transformer en une équation budgétaire insoluble.

Pour l’heure, l’exécutif affiche sa détermination à tenir ses engagements, rappelant que l’affectation de ces milliards est non seulement une promesse de campagne, mais avant tout un devoir contractuel et régalien envers les créanciers internationaux et le peuple congolais, dont l’avenir dépend de la bonne gestion de ces ressources souveraines.

Econews

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