
À l’occasion de l’An 1 du Gouvernement Suminwa II, le Ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, accompagné du Ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu, a dressé le bilan des actions menées pour réaffirmer le leadership et l’influence de la République Démocratique du Congo (RDC) sur la scène régionale et internationale.
Malgré un contexte sécuritaire régional complexe marqué par l’agression de la RDC par le Rwanda, le Ministère a mené un travail méthodique de repositionnement stratégique. Parmi les avancées majeures figure l’accession de la RDC à la présidence de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Cette posture a permis de faire reconnaître à l’échelle régionale la situation d’agression dont le pays est victime ainsi que la nécessité impérieuse du retrait des forces rwandaises.
Sur le plan multilatéral, la RDC s’est activement impliquée dans la mise en place du Mécanisme de Vérification Renforcé (MCVE Plus), cadre prévu par les accords de Washington pour assurer le suivi du cessez-le-feu. De plus, la signature et la publication, le 28 juillet 2026, du protocole organisant le désarmement, le cantonnement, le rapatriement ou la relocalisation des FDLR marquent une étape cruciale pour priver l’agresseur de tout prétexte sécuritaire et restaurer durablement la paix pour les populations.
Par ailleurs, la diplomatie congolaise s’est illustrée par une présence renforcée au sein des instances continentales, matérialisée par l’obtention d’un poste de commissaire à la CEEAC et les démarches pour la désignation d’un secrétaire exécutif adjoint congolais à la CIRGL, tout en poursuivant une participation active aux travaux de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Assainissement financier et vision géostratégique
Conformément à sa vocation continentale et à sa position carrefour entre plusieurs ensembles économiques (EAC, SADC, CEEAC), la RDC a consolidé la crédibilité de sa signature en régularisant l’ensemble de ses arriérés de contributions financières auprès de la SADC, de la CIRGL et de la CEEAC.
Cette assise financière assainie vise à maximiser l’impact du pays dans ces espaces régionaux et à capitaliser sur le potentiel économique des grands corridors stratégiques, notamment le Corridor Central, le Corridor Nord et le Corridor de Lobito.
En parfaite complémentarité, les actions relatives à la Diaspora et à la Francophonie renforcent le rayonnement de la RDC : Diaspora : érigée en levier stratégique pour le développement national, la diaspora fait l’objet d’un ambitieux projet d’identification numérique, soutenu par des missions de terrain à destination des communautés congolaises à l’étranger ; Francophonie : espace clé d’influence politique, économique et culturelle, l’OIF est au cœur des priorités avec le soutien à la candidature de la RDC au poste de Secrétaire général, affirmant la volonté de faire de la Francophonie un outil au service du dialogue, de la démocratie et du développement.
Pour l’exercice à venir, le Ministère de l’Intégration régionale inscrit son action dans une dynamique de réformes structurelles. Les chantiers prioritaires comprennent : l’élaboration d’une politique stratégique et sectorielle d’intégration régionale, cadre normatif inédit destiné à harmoniser les initiatives interinstitutionnelles ; le renforcement du Secrétariat Général et l’opérationnalisation du Centre d’Information, de Recherche et d’Analyse sur l’Intégration Régionale (CINERA), dédié au suivi rigoureux des résolutions régionales ; la résolution durable des conflits régionaux, en traitant prioritairement les menaces sécuritaires associées aux groupes armés FDLR, Red Tabara et ADF.
À travers ces réformes d’envergure, le Gouvernement Suminwa II réaffirme sa détermination à faire de l’intégration régionale et de la diplomatie des instruments effectifs de souveraineté, de sécurité et de prospérité économique.
Crispin Mbadu au service de la diaspora
Le Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu Phanzu, a présenté le bilan de la première année d’action du Gouvernement Suminwa II dans ses secteurs de compétence, mettant en lumière plusieurs réformes structurantes destinées à renforcer les liens entre la République démocratique du Congo et ses ressortissants établis à l’étranger, tout en consolidant le positionnement du pays au sein de l’espace francophone.
Au cours de cet exercice de redevabilité, le ministre a rappelé que la diaspora constitue désormais un volet spécifique de l’action gouvernementale. Dans cette dynamique, son ministère s’est engagé dans un vaste processus d’identification et de structuration des Congolais vivant à l’étranger afin de mieux organiser leur participation au développement national.
Parmi les réformes majeures figure la proposition de création d’un Haut Conseil de la diaspora, appelé à fédérer les différentes associations des Congolais de l’étranger et à renforcer leur représentativité.
« Le ministère travaille à identifier et structurer les Congolais de l’étranger. Un Haut Conseil de la diaspora est proposé afin de fédérer les différentes associations », a déclaré Crispin Mbadu.
La carte OKAPI, une réforme en faveur des Congolais d’origine
Le Ministre a également annoncé la mise en place de la carte OKAPI, une innovation administrative destinée aux Congolais d’origine ayant perdu la nationalité congolaise à la suite de l’acquisition d’une autre nationalité.
Cette réforme complète le dispositif existant de la carte consulaire, réservée aux citoyens ayant conservé la nationalité congolaise, et vise à maintenir un lien administratif, économique et culturel avec les Congolais d’origine établis à l’étranger.
« Tout Congolais d’origine est admissible. Ceux qui ont conservé la nationalité congolaise disposent de la carte consulaire, tandis que les Congolais d’origine ayant changé de nationalité peuvent bénéficier de la carte OCAPI », a expliqué le Ministre.
Dans le cadre des réformes engagées, le ministère développe un système d’identification numérique de la diaspora. Cette initiative permettra de disposer de données fiables sur les communautés congolaises vivant à l’étranger, de renforcer leur protection et de faciliter leur intégration dans les politiques publiques.
Selon Crispin Mbadu, cette démarche constitue une étape essentielle pour améliorer l’accompagnement des Congolais de la diaspora et accroître leur contribution au développement économique de la RDC.
Le Ministre a souligné l’importance économique de la diaspora congolaise, en rappelant que, selon les statistiques de la Banque mondiale, les transferts de fonds officiellement enregistrés vers la RDC sont estimés entre 3,5 et 4,5 milliards de dollars américains par an, un montant qui pourrait être plus élevé en tenant compte des circuits informels.
Le Gouvernement entend ainsi mieux mobiliser les entrepreneurs de la diaspora, faciliter les partenariats économiques et créer davantage de passerelles entre les investisseurs congolais de l’étranger et les opportunités offertes dans le pays.
Un accompagnement renforcé des Congolais en difficulté à l’étranger
S’agissant de la protection des Congolais confrontés à des situations de crise à l’étranger, le Ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a indiqué que le Gouvernement agit en étroite collaboration avec le ministère des Affaires étrangères. Il a notamment évoqué les violences ayant touché des Congolais en Afrique du Sud, précisant que cette question a été portée au niveau de la SADC et que des opérations de rapatriement volontaire sont en cours. «Un premier rapatriement a concerné 244 personnes. D’autres opérations sont en préparation, sur une base volontaire », a-t-il affirmé.
Le Ministre Crispin Mbadu est également revenu sur la stratégie de la RDC au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), rappelant que le pays poursuit sa campagne pour accéder au poste de secrétaire général de l’organisation.
Pour le Gouvernement, cette candidature traduit la volonté de voir la RDC occuper une place conforme à son poids démographique, culturel et linguistique au sein du monde francophone. « La RDC est le premier pays francophone en nombre de locuteurs. Elle doit donc occuper une place correspondant à son poids démographique, culturel et linguistique », a soutenu le Ministre.
Faire de la Francophonie un moteur de développement économique
Au-delà de son rôle diplomatique, la Francophonie est appelée à devenir un véritable levier économique pour les jeunes et les petites et moyennes entreprises congolaises.
Dans cette perspective, le Ministre a annoncé la tenue, en juin 2027 en RDC, d’une mission économique de la Francophonie destinée à présenter aux entrepreneurs congolais les opportunités d’investissement, de partenariat et d’accès aux marchés de l’espace francophone.
Abordant la coordination entre la Francophonie, la diaspora et l’intégration régionale, le Ministre a indiqué que les différents ministères travaillent de manière concertée autour des priorités nationales, notamment sur les questions des réfugiés, des initiatives diplomatiques et des politiques d’intégration régionale.
De son côté, Crispin Mbadu a annoncé la poursuite des missions auprès des communautés congolaises établies à l’étranger afin de vulgariser les réformes engagées, notamment l’identification numérique et les nouveaux dispositifs en faveur de la diaspora.
Le Ministre a réaffirmé que la priorité immédiate demeure également la candidature de la RDC à la tête de l’OIF, avec l’ambition de faire de la Francophonie un espace de dialogue, de démocratie, de paix et de développement au bénéfice de la République Démocratique du Congo.
Econews


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