Aux côtés de sa collègue ministre d’État et ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, participe, du 19 au 26 mai 2026 à Paris, à l’édition 2026 de la Semaine africaine de l’UNESCO. Placées sous le thème « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », ces assises réunissent à Paris plusieurs personnalités autour de panels de haut niveau.
Intervenant dès la première journée des travaux au Panel 2 intitulé « Réflexions croisées sur les politiques de jeunesse, d’éducation, de gouvernance et d’innovation en Afrique pour promouvoir un accès durable à l’eau et à l’assainissement, conformément aux ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine », Raïssa Malu a souligné que pour la RDC, l’éducation environnementale n’est plus une option pédagogique, mais une priorité stratégique nationale, au regard des enjeux liés à l’eau, au climat et à la préservation des ressources naturelles.
« Notre pays détient environ 52 % des réserves d’eau douce de surface de l’Afrique. Cette richesse est une chance, mais surtout une responsabilité continentale et mondiale. Notre approche est simple : transformer l’eau en objet d’apprentissage, de citoyenneté, de santé publique et de développement durable », a-t-elle observé. Et d’affirmer qu’à travers la Nouvelle Citoyenneté, « la RDC compte former des élèves conscients de leurs droits, notamment le droit à l’eau potable et à l’assainissement garanti par la Constitution, mais aussi conscients de leurs devoirs : protéger le bien commun, préserver l’environnement, adopter des comportements responsables et contribuer à la cohésion nationale ».
« L’eau n’est pas seulement une ressource naturelle ; c’est une compétence citoyenne, la RDC ne veut pas seulement gérer l’abondance : elle veut former les compétences capables de la protéger, chaque école doit devenir un espace de santé, de dignité, de science et de citoyenneté environnementale, et l’éducation est notre premier levier pour transformer une richesse hydrique en développement durable. Protéger l’eau, c’est protéger l’enfant, la santé, l’école, la paix et l’avenir », a insisté Raïssa Malu lors de son intervention.

La jeunesse et l’avenir de l’eau…
Abordant la préoccupation liée à la jeunesse congolaise -qui représente une forte démographie- face aux enjeux de gouvernance, de coopération régionale et de protection des ressources comme facteurs de paix et de cohésion sociale, la ministre d’Etat a signifié que plus e 60% de la population congolaise a moins de 25 ans, et donc l’avenir de l’eau, du climat, de la paix et de la gouvernance se joue très largement à l’école. « L’école doit relier trois apprentissages : comprendre scientifiquement les ressources, respecter civiquement le bien commun, et construire pacifiquement le vivre-ensemble. Dans notre contexte, les ressources naturelles peuvent être des facteurs de tensions lorsqu’elles sont mal gouvernées ; mais elles peuvent devenir des instruments de solidarité, de coopération régionale et de paix durable lorsqu’elles sont gérées avec science, transparence et responsabilité », a relevé la ministre d’Etat.
Elle a rappelé ceci par rapport au bassin du Congo: « Le bassin du Congo est partagé avec plusieurs pays africains. Il impose donc une culture de coopération régionale, de gouvernance partagée et d’hydro-diplomatie. Nous voulons que les jeunes comprennent très tôt que l’eau ne s’arrête pas aux frontières administratives. Le bassin du Congo doit devenir une école de coopération régionale ».
Et d’ajouter : « La jeunesse ne doit pas être seulement sensibilisée ; elle doit être associée. Les jeunes doivent devenir des acteurs de l’innovation, de la gouvernance locale de l’eau, de la protection des écosystèmes et de la cohésion sociale ». Pour Raïssa Malu, l’on doit valoriser les savoirs locaux et autochtones, les jeunes doivent apprendre que les connaissances scientifiques modernes et les savoirs endogènes sont complémentaires pour protéger l’eau, la biodiversité et les territoires. De ce fait, la jeunesse qui comprend l’eau comprend le territoire, l’État, la paix et l’avenir. Car, l’eau peut diviser si elle est mal gouvernée, et unir si elle est partagée avec science, justice et responsabilité.
L’éducation, a martelé la ministre d’Etat, est le premier barrage contre l’incivisme environnemental, et investir dans l’eau à l’école, c’est investir dans la santé, la dignité, l’égalité des chances et la paix. « La RDC ne veut pas seulement être le château d’eau de l’Afrique ; elle veut devenir un laboratoire africain de citoyenneté environnementale, de science et de coopération. Notre responsabilité est de transformer un potentiel hydrique exceptionnel en compétences, en emplois, en cohésion sociale et en développement durable », a-t-elle argué. Et d’indiquer que la Nouvelle Citoyenneté donne une direction claire : former des Congolais responsables, protecteurs du bien commun, conscients de leur histoire et ouverts à la coopération africaine.
Elle a conclu son intervention par cette idée-force : « L’eau est notre patrimoine; l’école est notre levier ; la jeunesse est notre force ; la Nouvelle Citoyenneté est notre méthode ».
Avec Cellcom EDU-NC

