Quarante-deux ans après sa dernière organisation, Brazzaville accueille du 25 au 29 mai 2026 les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), un rendez-vous stratégique qui place la capitale congolaise au centre des débats sur l’avenir économique du continent. Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, la raréfaction des financements traditionnels et l’urgence de combler le déficit de développement africain, près de 3.000 participants sont attendus pour réfléchir aux nouveaux mécanismes capables de mobiliser des ressources massives au service de la transformation du continent.
Les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiennent du 25 au 29 mai 2026 à Brazzaville, en République du Congo, sur le thème suivant : « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».
Organisées en partenariat avec le gouvernement de la République du Congo, les Assemblées réunissent les actionnaires et partenaires du Groupe de la Banque afin d’avancer vers des solutions concrètes pour mobiliser à grande échelle des ressources pour le financement du développement en Afrique.
Les Assemblées annuelles 2026 se déroulent à un moment crucial pour l’Afrique, un continent qui fait face à un déficit croissant de financement, à un durcissement des conditions financières mondiales et à une pression accrue pour mobiliser des ressources destinées au développement à grande échelle. Durant la semaine des Assemblées, les discussions porteront sur des solutions concrètes visant à renforcer la mobilisation des ressources domestiques, développer le cofinancement, attirer les capitaux privés et approfondir les partenariats susceptibles de favoriser des investissements plus importants et plus efficaces dans l’ensemble du continent.
Les Assemblées annuelles constituent l’événement statutaire le plus important du Groupe de la Banque. Elles offrent un cadre pour examiner les activités de l’institution, dialoguer avec les actionnaires et échanger avec les partenaires, le secteur privé, la société civile, le monde universitaire, les médias et d’autres parties prenantes sur les priorités de développement de l’Afrique.
Les Assemblées 2026 comprennent la 61e Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement et la 52e Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel de l’institution.
Outre les réunions statutaires, le programme comprend des événements de haut niveau consacrés au savoir ainsi que des discussions de politique générale sur la manière dont l’Afrique peut mobiliser à grande échelle des financements pour le développement dans un contexte mondial fragmenté, tout en renforçant le cofinancement et les partenariats afin d’accélérer les investissements sur le continent.
Le 30 avril 2026, le portefeuille du Groupe de la Banque au Congo comprenait neuf (9) opérations pour un engagement total de 80 millions d’unités de compte, soit environ 112 millions de dollars américains. Le portefeuille, qui compte sept (7) projets nationaux et deux (2) projets régionaux, est dominé par l’agriculture (93%) avec le Projet de développement intégré des chaînes de valeur agricoles (PRODIVAC) financé à hauteur de 94 millions de dollars.
THÈME ET ÉVÉNEMENTS DE CONNAISSANCE
Le thème des Assemblées annuelles 2026 est : « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».
Déficit de financement croissant. L’Afrique se trouve à un tournant important de son développement, marqué par un déficit de financement croissant dans un contexte géopolitique et économique international en pleine mutation, et par une fragmentation croissante du monde qui contribue à la diminution des financements alloués au développement du continent.
D’une part, on estime que l’Afrique a besoin de plus de 1 300 milliards de dollars par an pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030, de 184 à 221 milliards de dollars par an pour le financement des infrastructures, de 213,4 milliards de dollars annuels pour combler le déficit de financement climatique, et de 402,2 milliards de dollars par an pour accélérer sa transformation structurelle.
D’autre part, le rapport de la Banque « Perspectives économiques en Afrique 2025 » estime qu’avec des politiques appropriées, en luttant contre les pertes de recettes et en améliorant la gouvernance institutionnelle et économique, l’Afrique a la capacité de mobiliser environ 1.430 milliards de dollars issus de diverses sources de revenus nationaux, un montant suffisant pour financer son développement et atteindre les ODD.
En outre, la fragmentation économique et géopolitique croissante modifie fondamentalement le paysage du financement du développement mondial, certains pays industrialisés réorientant leurs ressources vers la consolidation de leur propre domination militaire, économique et financière plutôt que vers la coopération internationale au développement.
Au lendemain de la pandémie de Covid-19, qui a ravivé les politiques nationalistes et redéfini les relations commerciales, les tensions géopolitiques persistantes, les multiples chocs à l’échelle mondiale et la divergence des réponses politiques ont accentué la fragmentation économique et géopolitique.
Ces tensions croissantes réduisent le volume global des financements traditionnels du développement et des flux commerciaux. Elles introduisent également des cadres de développement concurrents et souvent contradictoires, les différents acteurs mondiaux promouvant des visions divergentes des priorités et des approches de développement.
Par conséquent, l’Afrique se trouve à un tournant critique de son développement, marqué par un déficit de financement croissant dans un contexte géopolitique et économique en rapide évolution, une évolution des priorités des partenaires du développement et une diminution des flux financiers traditionnels du développement (aide publique au développement et investissements directs étrangers), ainsi qu’une hausse des coûts de remboursement de la dette, une escalade du coût du capital et un accroissement des incertitudes sur les marchés financiers internationaux.
Opportunités d’autodétermination. Malgré ces défis à relever et ces incertitudes à l’échelle mondiale, de nombreuses opportunités d’innovation et d’autodétermination s’offrent à l’Afrique.
D’après les conclusions des « Perspectives économiques en Afrique 2025 », l’Afrique a le potentiel de mobiliser des ressources suffisantes pour financer son propre développement. Le continent abrite environ 60 % des terres arables restantes dans le monde, plus de 30 % des gisements de minéraux mondiaux, près de 45 % du potentiel technique mondial en énergies renouvelables, entre autres. Toutefois, les faiblesses des systèmes financiers et commerciaux nationaux, régionaux limitent la capacité du continent à déployer efficacement ses ressources et à tirer parti de son potentiel en matière de croissance inclusive et résiliente et de développement durable.
Pour mobiliser des capitaux à grande échelle dans un contexte mondial fragmenté et en constante évolution, l’Afrique doit utiliser ce dont elle dispose pour se donner les moyens de s’engager activement et d’affirmer son rôle financier sur les marchés internationaux. Elle doit adopter une approche stratégique en renforçant ses propres systèmes financiers (institutions financières, marchés financiers, agences de notation de crédit et cadres de supervision et de réglementation associés) ancrés dans ses réalités et priorités nationales.
Les institutions financières africaines, tant nationales que régionales, doivent intensifier leur coopération afin d’optimiser leurs bilans et de déployer des modèles de financement innovants, des financements mixtes, des financements climatiques et des financements numériques, et nouer des partenariats productifs pour compléter les capitaux nationaux. L’Afrique doit mener une diplomatie économique efficace en renforçant la coordination et en adoptant une politique pragmatique qui implique tous ses partenaires de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, en tirant les enseignements de tous ses partenariats de développement et en maximisant les bénéfices potentiels, conformément à ses objectifs de développement à long terme.
La jeunesse, un atout majeur. L’Afrique affiche le taux de croissance démographique le plus élevé au monde, d’environ 2,2 % par an, et sa population devrait passer de 1,5 milliard d’habitants en 2025 à environ 2,5 milliards en 2050. L’âge médian est de 19 ans en Afrique, contre 34,7 ans en Asie et 43 ans en Europe. La jeunesse de la population africaine constitue le principal atout du continent, ainsi que du monde entier, faisant de l’Afrique un vivier de main-d’œuvre abordable. Par ailleurs, l’Afrique compte une importante diaspora qui investit dans le continent.
L’élaboration de stratégies nationales et régionales d’éducation et de développement des compétences incluant les jeunes permettra de cultiver et de transformer cette ressource abondante en un véritable dividende démographique. De plus, la mise en place de mécanismes favorisant les flux financiers de la diaspora et l’exploitation de ses compétences offrent des opportunités d’accroître les investissements et la participation à la gouvernance en Afrique.
Avec Celcom/BAD

