Le Garde des Sceaux a eu une journée de travail intense, ce mercredi 8 juillet 2026. Entre la signature d’une feuille de route avec l’AFD pour réformer la formation judiciaire, l’écoute des détresses du SYNAMED et l’engagement du CAFCO contre les cyberviolences, Guillaume Ngefa Atondoko Andali pose les jalons d’une justice plus humaine et plus ferme.
Le cabinet du Ministre d’État en charge de la Justice a vibré au rythme des dossiers chauds de la société congolaise. En l’espace de quelques heures, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a alterné réunions stratégiques et audiences à forts enjeux sociétaux, dessinant les contours d’une politique judiciaire ambitieuse pour les mois à venir.

Modernisation de l’INAFORJ : une feuille de route sur trois ans avec l’AFD
La matinée a été placée sous le signe de la coopération internationale. Le Ministre a reçu une délégation de l’Agence française de développement (AFD) et d’Expertise France, conduite par Hervé Conan et Aude Delescluse. Objectif : arrêter une feuille de route conjointe pour la refonte de l’Institut national de formation judiciaire (INAFORJ).
Un programme d’envergure est ainsi né, financé par le Contrat de désendettement et de développement (CDD). L’ambition est claire : transformer l’INAFORJ en un véritable levier de professionnalisation. « Nous ne voulons pas d’un modèle importé, mais d’un programme participatif construit à partir des besoins réels du ministère et des contraintes budgétaires du pays », a souligné le Garde des Sceaux.
Ce plan d’action triennal vise à monter en compétences l’ensemble de la chaîne judiciaire : magistrats, greffiers, mais aussi personnels pénitentiaires. Grâce à un mix d’expertises française, congolaise et internationale, les premières formations opérationnelles devraient voir le jour dans les prochaines semaines. Une avancée majeure pour une justice congolaise en quête de modernité.

Sécurité des médecins : le SYNAMED obtient une reconnaissance historique
L’après-midi a pris un tour plus social et urgent. Le Dr John Senga Lwamba, secrétaire général du Syndicat national des médecins (SYNAMED), est venu avec une délégation pour alerter le ministre sur une situation alarmante : l’insécurité croissante des praticiens.
Assassinats à la Tshopo et au Lualaba, arrestations jugées arbitraires… Le syndicat a plaidé pour des mesures de protection renforcées. « Nous avons sollicité l’implication du ministre pour que des mesures efficaces soient prises en faveur de la sécurité des médecins et du respect de leurs droits », a déclaré le Dr Senga à l’issue de l’entretien.
Le Ministre d’État a réaffirmé la détermination de son département à garantir l’État de droit pour tous, y compris pour les professionnels de santé. Mais l’audience a surtout été marquée par un acte symbolique fort : la remise officielle de la personnalité juridique au SYNAMED. Une reconnaissance attendue depuis trente ans qui, selon le syndicat, va « renforcer son cadre légal pour défendre plus efficacement les intérêts de ses membres ».

Cyberhaine : le CAFCO tend la main au Garde des Sceaux pour « assainir » le web
Enfin, la journée s’est achevée sur la question brûlante des réseaux sociaux. Une délégation du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a rencontré le ministre pour évoquer la recrudescence des injures et des discours de haine en ligne.
« Nous sommes dans une dynamique de plaidoyer engagée depuis avril pour que la question des attaques visant les autorités et animateurs des institutions publiques soit davantage prise en charge », a expliqué Grâce Lula Hamba, directrice exécutive du CAFCO.
Le Garde des Sceaux a pris acte de cette préoccupation, alors que la lutte contre la désinformation et les violences numériques devient un enjeu majeur de cohésion sociale en RDC. Le CAFCO a promis son soutien actif au ministère pour ériger des remparts juridiques et éducatifs contre ce fléau.
En une seule journée, Guillaume Ngefa a ainsi incarné une justice multidimensionnelle : technique avec l’AFD, protectrice avec les médecins, et répressive contre les dérives numériques. Trois dossiers qui promettent d’occuper les prochains mois du ministère.
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