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Arrivé en ambulance à la Cour de cassation, Mutamba, en pleine forme, défie les juges et s’exhibe devant caméras

En se présentant à la Cour de cassation à bord d’une ambulance avant d’apparaître quelques instants plus tard en pleine forme devant les caméras, l’ancien Ministre de la Justice Constant Mutamba a alimenté les interrogations sur sa stratégie de défense. Ce contraste, perçu comme un défi lancé à la haute juridiction, l’expose davantage à la critique et l’installe dans un bras de fer judiciaire dont l’issue pourrait lui être défavorable. Alors que son procès a été renvoyé au 31 juillet, cette démonstration de force risque surtout de placer l’ancien Garde des sceaux dans une position d’embarras face à une justice qu’il semble désormais défier ouvertement.

Arrivé aux anges dans un véhicule sanitaire, l’ex-Garde des Sceaux Constant Mutamba a transformé son procès en scène de théâtre, défiant la Cour de cassation qui l’attendait pour répondre de la gestion du FRIVAO (Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC).

En effet, c’est une scène d’un cynisme rare qui s’est jouée ce lundi devant la Cour de cassation. Constant Mutamba, l’ancien maître des sceaux et jadis chantre de la « guérison » de la justice congolaise, a offert à la presse et aux juges un numéro de haute voltige qui interroge autant sur son état de santé que sur sa stratégie de défense. Attendu sur un brancard, il est arrivé en pleine forme, transformant l’audience en un véritable affrontement médiatique.

La mise en scène du « malade »

Alors que la procédure le présente comme gravement souffrant, justifiant des reports d’audience, l’ancien ministre a fait rimer ambulance avec provocation. Dès sa descente du véhicule sanitaire, le politicien affichait une vitalité déconcertante. Mais c’est surtout à la sortie de l’audience, une fois la procédure expédiée, que Mutamba a franchi le Rubicon.

Sur le perron de la salle d’audience, entouré par les caméras, il s’est livré à une exhibition de forme physique qui contredit directement les arguments médicaux avancés par sa défense. En s’offrant aux objectifs, il a moins plaidé sa cause qu’il n’a nargué l’institution judiciaire, réduisant une affaire de détournement présumé des fonds du FRIVAO à une simple question de visibilité politique.

Pourtant, dans la salle, les juges n’ont eu droit qu’à son fantôme. Quoi qu’absent des débats, le dossier Mutamba a tout de même été vidé de sa substance sur le fond, la Cour ayant décidé de renvoyer l’affaire au 31 juillet prochain. Ce délai offre à l’ancien Garde des sceaux un répit de courte durée, mais il pose une question cruciale : reviendra-t-il devant ses juges le mois prochain ou trouvera-t-il un nouveau stratagème pour échapper à la justice ?

Le paradoxe du réformateur

L’ironie du sort est saisissante. Voilà celui qui, durant son passage au ministère, promettait de « guérir» une justice qu’il jugeait malade, aujourd’hui accusé d’user de son propre corps comme d’un bouclier procédural. En défiant la Cour de cassation sur son propre terrain, Mutamba semble avoir oublié que la loi ne se soigne pas par des coups médiatiques.

Ce lundi, la Cour de cassation a renvoyé l’affaire, mais elle n’a pas rendu les armes. Ce délai est un appel d’air, mais aussi une épée de Damoclès. L’ancien ministre a placé l’institution devant un dilemme : soit elle cède face à la pression médiatique, soit elle serre les rangs pour éviter que son autorité ne soit piétinée.

Les paris sont ouverts, mais une certitude demeure : Constant Mutamba a choisi le ring médiatique. Reste à savoir si, le 31 juillet, la Justice saura monter sur ce ring pour y imposer ses règles. Une chose est sûre, le spectacle n’est pas terminé.

Hugo Tamusa

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