Projet de budget 2027 : Adolphe Muzito accélère les derniers arbitrages 

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À quelques jours de l’ouverture de la session parlementaire de septembre, le Gouvernement entre dans une phase décisive de la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027. Au ministère du Budget, le VPM Adolphe Muzito multiplie les consultations avec les membres du Gouvernement et les responsables sectoriels pour arrêter les enveloppes, hiérarchiser les priorités et finaliser l’avant-projet de loi de finances 2027 qui devra bientôt être soumis au Conseil des Ministres.

La machine budgétaire congolaise entre dans sa dernière ligne droite. Après plusieurs mois de travaux préparatoires et la tenue de la conférence budgétaire, l’heure est désormais aux arbitrages finaux. Au centre de cette étape cruciale : le Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, qui s’emploie à rapprocher les demandes des différents secteurs des capacités réelles de financement de l’État.

Depuis le Centre financier de Kinshasa, le patron du Budget a engagé, mercredi 2 septembre 2026, une série de séances de travail avec plusieurs membres du Gouvernement et responsables des secteurs prioritaires. L’objectif est clair : boucler l’avant-projet de budget 2027 avant son passage devant le Conseil des Ministres, dernière grande étape qui précède la transmission du projet de loi de finances au Parlement.

Accompagné du Vice-Ministre du Budget, Elysée Bokumuana, du Directeur de cabinet Blanchard Mongomba et du Directeur général de la Politique et de la Programmation budgétaire, Rolly Lengo, Adolphe Muzito mène personnellement ces discussions qui portent principalement sur les enveloppes allouées aux différents départements.

Cette séquence traduit l’importance des derniers réglages. Il ne s’agit plus simplement de recenser les besoins des ministères, mais de déterminer ce qui pourra effectivement être financé, dans quelles proportions et selon quelles priorités.

Des besoins sectoriels face aux contraintes de l’État

La première journée de consultations a réuni plusieurs secteurs directement concernés par les arbitrages budgétaires.

Eve Bazaiba, Ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Irène Esambo, Ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Raïssa Malu, Ministre de l’Éducation nationale, Floribert Anzuluni, Ministre de l’Intégration régionale, ainsi que Thérèse Sombo, Ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, ont tour à tour échangé avec le VPM Muzito.

Des responsables de la Formation professionnelle et des Transports, ainsi que des représentants des ministères de la Jeunesse et de la Pêche et de l’Élevage, ont également pris part à ces consultations.

Sur la table : des revendications sectorielles parfois importantes, notamment l’augmentation des enveloppes salariales et le renforcement des crédits destinés à financer les programmes prioritaires. Le défi pour le ministère du Budget est donc de trouver le point d’équilibre entre les ambitions affichées par les différents ministères et les ressources effectivement mobilisables par le Trésor public.

C’est toute la difficulté de l’exercice budgétaire. Un budget ne peut être une simple addition de besoins. Il doit traduire des choix, établir des priorités et tenir compte des contraintes financières auxquelles l’État est confronté.

Muyaya passe à son tour devant Muzito

La deuxième journée des arbitrages a notamment été marquée par la participation du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Comme les autres membres du Gouvernement, il a été appelé à défendre les besoins de son secteur dans le cadre de la préparation de l’avant-projet de loi de finances 2027.

À l’issue de la rencontre, Patrick Muyaya a rappelé que cette étape constitue le prolongement de la conférence budgétaire organisée quelques mois auparavant, au cours de laquelle son ministère avait présenté ses besoins pour l’exercice à venir.

Personnel, investissements et fonctionnement figurent notamment parmi les préoccupations exprimées par le ministère de la Communication et Médias. Mais au-delà des demandes financières, le ministre a reconnu la réalité des contraintes qui pèsent sur les finances publiques. Une reconnaissance qui illustre précisément l’enjeu des consultations conduites par Muzito: faire entrer les ambitions sectorielles dans le cadre des possibilités financières de l’État.

Moderniser les médias publics et combattre la désinformation

Parmi les priorités défendues par Patrick Muyaya figure la modernisation des médias publics, avec un accent particulier sur la Radio-Télévision nationale congolaise.

L’ambition, selon le ministre, ne concerne pas uniquement les infrastructures de la capitale. Elle doit s’étendre aux 26 provinces du pays. Cette modernisation est présentée comme un enjeu stratégique dans un contexte où l’information et la communication occupent une place de plus en plus importante dans la gouvernance publique.

Autre priorité : la lutte contre la désinformation et les dérives observées sur les réseaux sociaux.

Pour le Ministre, l’État doit renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment auprès des jeunes, afin de promouvoir une utilisation plus responsable des plateformes numériques. Ces priorités devront cependant être confrontées aux arbitrages budgétaires finaux.

Muzito face au difficile exercice des choix

C’est précisément là que se trouve la responsabilité d’Adolphe Muzito. Le VPM du Budget doit désormais départager les demandes, préserver les secteurs jugés stratégiques et veiller à la cohérence globale de l’avant-projet de budget.

Chaque ministère défend naturellement ses besoins. Mais le ministère du Budget doit, lui, regarder l’ensemble du tableau : recettes attendues, dépenses obligatoires, masse salariale, investissements, fonctionnement de l’administration, programmes gouvernementaux et autres engagements de l’État.

La conférence budgétaire avait permis de faire remonter les propositions. Les consultations actuelles servent désormais à les confronter aux réalités financières et à procéder aux arbitrages nécessaires. C’est donc moins une bataille des chiffres qu’un exercice de hiérarchisation des priorités nationales qui se joue actuellement au Centre financier.

Le budget 2027 devra, en définitive, traduire les grandes orientations du Gouvernement tout en restant compatible avec les capacités financières du pays.

Le calendrier presse. La session ordinaire de septembre du Parlement s’ouvre le 15 septembre prochain. Le Gouvernement doit donc accélérer les derniers travaux afin de respecter les différentes échéances institutionnelles liées à l’examen et à l’adoption de la loi de finances.

Les consultations engagées par Adolphe Muzito se poursuivent jusqu’à ce vendredi 4 septembre. À leur terme, les équipes techniques du ministère du Budget devront intégrer les conclusions des différentes séances d’arbitrage afin de finaliser l’avant-projet de loi de finances. Viendra ensuite le grand oral du VPM Muzito devant le Conseil des Ministres, où le texte devra être présenté et soumis à l’examen du Gouvernement.

Cette étape sera déterminante. Elle permettra de mesurer jusqu’où les arbitrages opérés au ministère du Budget auront permis de concilier les demandes des différents secteurs avec les ressources disponibles.

Le passage en Conseil des Ministres ouvrira alors la voie à la prochaine séquence: celle du Parlement, où le projet de loi des finances 2027 sera appelé à faire l’objet d’un débat public et d’un examen approfondi.

Un budget attendu sur les résultats

Au-delà des montants qui seront finalement retenus, l’enjeu sera surtout de savoir ce que le budget 2027 permettra concrètement de réaliser.

Les Congolais attendent des budgets publics qu’ils se traduisent par des résultats visibles : des services publics plus efficaces, des infrastructures mieux entretenues, une éducation renforcée, une administration plus performante, des investissements productifs et une meilleure prise en charge des priorités sociales.

Le défi est donc double pour le ministère du Budget : financer les priorités sans fragiliser davantage l’équilibre des finances publiques, mais surtout garantir que les ressources affectées produisent effectivement les résultats attendus.

En engageant directement ces consultations, Adolphe Muzito entend manifestement garder la main sur cette phase sensible de la préparation budgétaire.

Après la collecte des besoins, vient le temps des choix. Après les propositions, celui des arbitrages. Et après les arbitrages, celui de la validation gouvernementale.

À quelques jours du Conseil des Ministres, le compte à rebours est donc lancé. Le budget 2027 n’est plus au stade des intentions : il entre dans la phase décisive de sa finalisation.

Pour Adolphe Muzito, l’objectif est désormais de transformer cette succession de consultations et d’arbitrages en un avant-projet cohérent, réaliste et défendable devant le Gouvernement, avant son rendez-vous avec les députés et sénateurs.

 

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